Les pharmaciens craignent la pénurie pour certains génériques

Ch.V. Publié le - Mis à jour le

Société

La nouvelle mesure avantageuse pour le portefeuille du patient aurait ses limites…

BRUXELLES Depuis le 1er mai, les pharmaciens de Belgique ont dû prendre une nouvelle habitude : soit délivrer au client l’antibiotique (c’est le cas aussi pour les antimycosiques) le moins cher dans le traitement de la douleur aiguë… quitte donc à substituer la marque d’un médicament pour son générique. Si cette mesure prise dans le cadre du plan d’économie de la ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS) vise aussi à protéger le portefeuille des Belges, l’industrie pharmaceutique ne s’est pas réjouie…

Quelques jours après la mise en place de ce nouveau système jugé contraignant par les pharmaciens, la situation a-t-elle réellement changé ? Ceux-ci sont-ils débordés de paperasserie supplémentaire et les patients perdus parmi leurs nouvelles boîtes de génériques, pilules bleues remplaçant des gélules roses ?

Un pharmacien du Brabant wallon tire notre attention sur la nouvelle réalité des officines, depuis que l’Inami a listé “par cluster, les noms de médicaments génériques les moins chers. Aujourd’hui, le système veut que chaque cluster comporte trois produits. Au pharmacien ensuite de choisir le générique qu’il vendra, dans une fourchette de prix de 5 % par rapport au cluster.”

Jusque-là, le pharmacien applaudit l’initiative, nettement plus économique pour le client. “Mais c’est sans prendre en compte une autre réalité : si un laboratoire produit un générique dont le coût n’entre pas dans cette fourchette, son médicament se retrouve sur liste rouge.”

Seule possibilité pour la firme pharmaceutique d’écouler son produit : en réduire le prix. “On assiste dès lors à une concurrence entre les labos qui diminuent successivement le prix de leurs génériques afin de se retrouver sur liste verte”. Et donc prétendre ainsi à intégrer le cluster. Pour les pharmaciens débute alors un exercice de jonglage de stocks. “Car s’il y a des antibiotiques qu’on commande au jour le jour, il y a aussi ceux qu’on garde en stock. Mais les listes de référence des moins chers changent désormais tous les mois, à cause de la concurrence de prix les plus bas que se livrent les firmes.”

Un casse-tête, nous explique ce pharmacien pour être en règle avec la loi et disposer continuellement des génériques les moins chers du marché. “Et il y a une constatation alarmante que l’on peut déjà faire : certains génériques, considérés comme les moins chers, et donc désormais très vendus (comme l’antibiotique amoxicilline), n’existent pas en nombre suffisant. On se retrouve en rupture de stocks pour certains de ces médicaments !”



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