Société Près de 1.000 enseignants se réunissent ce mardi pour échanger sur la dégradation continue de leurs conditions de travail.

"Je reçois pas mal d’enseignants à mon cabinet qui viennent me parler de leurs difficultés au travail, de la pénibilité de leur métier. Ils viennent me voir car ils sont épuisés. Ils me disent qu’ils n’en peuvent plus et ne se sentent pas soutenus. J’ai aussi des enseignants qui n’osent plus dire aujourd’hui qu’ils sont enseignants dans la rue. Cela concerne surtout les plus jeunes. Il y a cette idée qu’être enseignant, c’est avoir des congés", indique Valentine Delsaux, un médecin du travail qui est une des intervenants invités ce mardi à une journée d’étude consacrée à la pénibilité du métier d’enseignant, organisée en front commun syndical.

Des élèves qui prennent toujours plus de libertés en classe et sont plus compliqués à gérer que dans le passé, une utilisation des smartphones qui perturbe le déroulement des cours, des classes de plus en plus remplies et aux publics toujours plus hétérogènes, des inquiétudes autour de l’application du fameux Pacte d’excellence ou encore un système organisationnel laissant seuls les enseignants face à leurs doutes et leurs difficultés : autant de problèmes qui rendent le métier de professeur toujours plus pénible.

Pour les différentes organisations syndicales, il est temps de tirer sur la sonnette d’alarme. Ce mardi, pas moins de 1.000 délégués syndicaux venant d’écoles des quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles se réunissent ainsi au Palais des Congrès, à Liège, afin d’échanger expériences personnelles et possibles solutions, mais aussi indiquer, par leur nombre particulièrement important, que le problème est réel.

"De manière générale, la perception est que la charge de travail s’accentue au fil des années. On en demande plus à l’école et aux enseignants. Quand il y a un problème, on se tourne vers l’école. Nous, on observe sur le terrain que de plus en plus de métiers sont en pénurie. Il y a un souci", explique Eugène Ernst, de la CSC-enseignement.

"Le métier est devenu très pénible. On a voulu faire quelque chose, mais on ne voulait pas faire grève. Je rappelle que 25 % des jeunes profs abandonnent après un an, et que le chiffre monte à 40 % après cinq ans. Il faut faire quelque chose", indique Joseph Thonon, de la CGSP-enseignement.