Société Nourris par certains habitants et attirés par les cultures de maïs, ils ont tendance à fuir les forêts pour s’approcher des maisons.

En à peine vingt ans, le nombre de sangliers présents en Wallonie a été multiplié par cinq. En Flandre, leur prolifération est encore plus rapide. Dans certaines régions comme le Limbourg, ils semblent se multiplier à vue d’œil. En Wallonie, la province de Liège mais aussi Namur et ses environs sont très touchés par ce problème. Des cas d’attaques sur des humains ont même été signalés dans plusieurs villages.

Beaucoup trop nombreux, les suidés causent d’importants dégâts dans les champs mais aussi dans les jardins des particuliers. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à s’éloigner des forêts pour s’approcher des villes et des habitations. "Les États-Unis n’en peuvent plus. La France et l’Allemagne connaissent une vague d’attaques de sangliers… Et c’est comme ça partout dans le monde. Ces animaux se reproduisent à une vitesse extraordinaire et on constate que les hommes ne leur font plus peur. Ils se rapprochent de plus en plus des villes et fuient les forêts. Ça peut paraître étonnant mais il y a trop de personnes qui se promènent dans les forêts et qui font donc du bruit, ce qui fait fuir les sangliers. Ils vont donc trouver la quiétude ailleurs, en se rapprochant des zones habitées", explique le chasseur. "En fait, ce qui les intéresse c’est de trouver des protéines et donc ils retournent la terre à la recherche de vers de terre."

D’après lui, un autre élément expliquant l’attirance récente des sangliers pour les villes est le nourrissage. "Certains habitants leur donnent à manger, ce qui les attire bien évidemment. Par endroits, il a fallu prendre des mesures pour éviter ça. À Seraing par exemple, le bourgmestre a dû mettre des amendes aux personnes qui les nourrissaient."

Pour le chasseur, la situation est plus qu’inquiétante. "On a pensé à organiser des battues mais c’est compliqué en termes de sécurité. On ne peut pas faire ça trop près des habitations. Ça ne fait aucun doute, le problème va continuer à s’amplifier dans les années à venir."

Pas d’inquiétude au niveau de la sécurité. "À moins qu’un individu soit coincé quelque part. S’il est rentré dans un magasin comme ça s’est déjà vu et qu’il doit foncer pour sortir, il le fera. On a déjà vu des scènes apocalyptiques, mais c’est très rare", tempère Benoît Petit.

Un cas de figure doit cependant pousser à la prudence : si vous rencontrez une mère avec ses petits. "Si vous approchez d’un marcassin et qu’il se met à crier, vous prenez un gros risque. La mère risque de charger pour protéger son petit. C’est son instinct maternel. Mais vous savez, c’est la même chose avec les poules…"