Les "Tanguy" sont de plus en plus nombreux

Ch.V. Publié le - Mis à jour le

Société

On compte près d’un million de Tanguy en Belgique. Un sur six a entre 25 et 34 ans…

BRUXELLES 21 ans et des poussières. Soit l’âge moyen auquel le jeune Belge quitte le cocon familial. Mais l’âge de l’indépendance ne résonne pas toujours au même moment pour tous… Dans les faits, quitter le nid peut prendre un peu plus de temps que prévu. Volontairement ou non.

On les appelle depuis une décennie – et le film qui leur a donné son nom – des Tanguy. Sorte de post-adolescents qui aiment toujours se rouler dans les draps propres repassés par maman, alors que papa paie toutes les factures. De paresseux, les a-t-on souvent taxés. Des oisillons fragiles toujours reliés au cordon ombilical. Des profiteurs aussi, des talents culinaires de maman… Une caricature, 10 ans plus tard.

Car les Tanguy d’aujourd’hui – si on prend toujours le parti de les surnommer ainsi – n’ont plus grand-chose à revendiquer du film d’Étienne Chatiliez. Représentant 40 % de la population des 18-34 ans, ils squattent chez papa-maman plus souvent par nécessité (lire ci-contre) que par fainéantise. Faute, souvent, à un statut socioprofessionnel qui met du temps avant de se dessiner. En 2004, 677.000 jeunes âgés entre 18 et 24 ans vivaient toujours sous le toit de leurs parents.

Cinq ans plus tard, ce chiffre avait gonflé de 70.000, révèle une enquête menée par l’Institut pour un Développement Durable. Aujourd’hui, en y ajoutant les quelque 200.000 jeunes adultes de plus de 25 ans, la Belgique compterait près d’un million d’enfants ayant regagné le cocon familial. C’est un peu moins de la moitié de la population belge de 18 à 34 ans…

Les temps changent et la durée des études s’allonge. Les moyens financiers, par conséquent, de ces jeunes-là, sont moindres. Souvent dès lors, papa et maman leur rouvrent grand la porte de leur chambre d’enfant. Mais quid des enfants devenus adultes, emploi sous le bras ? 15 % d’entre eux vivent à l’heure actuelle sous le toit chauffé de leurs parents.

La majorité (75 %) de ces Tanguy plus âgés bénéficie donc de revenus, de quoi, normalement pouvoir s’offrir un nid, même petit, douillet. Prolongent-ils volontairement leur plaisir de se faire dorloter, redoutent-ils la solitude ou mettent-ils toutes les chances de leur côté avant de se jeter dans le vide ?

Ces questions semblent davantage destinées à la population masculine… Les Tanguy de plus de 25 ans étant deux fois plus nombreux que les Tanguettes.



© La Dernière Heure 2012
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