Société Des entreprises se plaignent des durées des certificats médicaux.

Les entrepreneurs pensent que les médecins écrivent trop de certificats médicaux, rapportent nos confrères de Het Nieuwsblad. "Cela met les entreprises en difficulté", a déclaré Johann Leten de Voka Limburg. Il poursuit : "Nous recevons beaucoup de plaintes de chefs d’entreprise. Ils déplorent les certificats médicaux exagérés. Nous pensons que la durée du repos doit être en lien avec la maladie."

Ces propos mettent en colère les médecins généralistes du pays. L’association belge des Syndicats médicaux (Absym) est montée au créneau, trouvant ces "critiques faciles et sans fondement." Marc Moens, président de l’Absym, ajoute : "Peut-être que les gestionnaires devraient devenir des médecins. D’ailleurs, s’ils ont des doutes, ils peuvent toujours envoyer un médecin-conseil auprès du patient en question !"

Cette année, la ministre de la Santé va effectuer des contrôles plus ciblés : les médecins qui prescrivent régulièrement des congés de longue durée seront la cible du ministère. Cela fait partie du plan d’action en matière de contrôle des soins de santé.

Au cabinet de la ministre fédérale de la Santé publique, on tempère. On reconnaît que "toute personne malade doit rester à la maison. C’est nécessaire pour aller mieux et ne pas rendre d’autres collègues malades". Ils pensent que "la grande majorité des patients sont de bonne foi, tout comme la grande majorité des médecins généralistes prescrivent de bonne foi". Cependant, nous dit-on, "il y aura toujours des gens qui abuseront du système." Ce sont ces personnes qui seront ciblées, nous atteste l’entourage professionnel de Maggie De Block. "Afin de supprimer ces cas, nous procéderons à des contrôles supplémentaires, ajoute-t-on. Cela ne doit jamais se faire aux dépens de nos honnêtes citoyens, médecins et patients. C’est la raison pour laquelle les contrôles s’adresseront aux médecins généralistes qui prescrivent le plus souvent."

Un médecin namurois, contacté par nos soins, se dit "outré". "Nous sommes déjà soumis à un stress quotidien puisque nous ne sommes pas assez nombreux à pratiquer. Nous avons, en cette période de grippe, de nombreux patients en cabinet. Des visites à domicile s’ajoutent. Nous devons, en plus, faire attention au nombre de jours que nous mettons ? C’est aberrant ! Si j’estime que ma patiente de 35 ans, que je connais depuis qu’elle a trois ans, doit avoir deux semaines de repos pour une bronchite parce que je la trouve démoralisée, en plus, je le fais pour qu’elle aille mieux et ne soit pas épuisée dans 15 jours et plus faible physiquement et psychiquement. C’est mon expertise et la connaissance de mes patients qui est remise en cause par cette chasse aux sorcières."