Société Les syndicats craignent une salve de licenciements pour raisons médicales.

Dès le 1er janvier, les entreprises ont le pouvoir de rappeler des travailleurs malades de longue durée. Selon l’Inami, en 2016, leur nombre était de 390.765. Le but de ce rappel ? Leur proposer des trajets de réintégration. Autrement dit, les malades de longue durée qui peuvent encore travailler peuvent être guidés vers un job adapté ou un autre emploi.

Cependant, s’il n’est pas possible de leur trouver un travail adapté ou que l’employeur n’est pas en mesure de leur proposer, un licenciement est possible. Cela concernerait une grande majorité de ces travailleurs arrêtés pour raisons médicales.

"Dans 71 % des cas (3.570 cas rapportés par les services de prévention externes), le médecin du travail a conclu que le malade de longue durée était définitivement inapte à exercer son ancien métier et qu’en outre il n’était pas en mesure d’effectuer un travail adapté chez l’employeur", déplore la CSC par la voie de son porte-parole, François Reman. "Dans ce cas, il peut être mis fin au contrat de travail immédiatement, sans préavis ni indemnité."

Les médecins du travail sont sollicités par les entreprises. Certains professionnels de la santé évoquent des pressions de l’employeur pour que le travail adapté soit "jugé impossible et que le travailleur soit déclaré définitivement inapte pour son ancien métier", ajoute la CSC.

Les services de prévention externes ont fait mention de 5.408 demandes de trajets de réintégration. La CSC précise, dans un rapport, que "66 % émanaient du travailleur, 24 % de l’employeur. Il y a donc une réelle envie de travailler dans des conditions revues par de nombreux travailleurs."

Mais, dans deux tiers des cas, un licenciement est une réponse finale à ces demandes de réintégration. Du côté de la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Maggie De Block, on précise qu’on entend les craintes des syndicats. Que le trajet de réintégration en entreprise relève de la compétence de Kris Peeters.

Mais on insiste sur le fait que, dans certains cas, notamment ceux d’épuisement professionnel, un "licenciement pour cause de force majeure médicale n’est donc par définition pas négatif pour l’employé concerné, puisque le processus de réintégration est repris par la mutualité."