Société La proposition polémique de Mischaël Modrikamen. "La peur doit changer de camp".

Mischaël Modrikamen, président du PP, veut relancer le débat sur le port d’armes, par ailleurs fort peu vivace en Belgique. Il organise ainsi une conférence sur la détention d’armes à feu, ce dimanche, à Saint-Symphorien (Mons), lors de laquelle il partagera la tribune avec Daniel Beets, le président la DAAA (association de défense active des amateurs d’armes). Son objectif : élargir et faciliter l’accès du citoyen lambda à une arme à feu.

Le Parti Populaire assume une position très droite décomplexée en la matière, inhabituelle dans le paysage politique francophone belge. "La peur doit changer de camp. Les truands ou les terroristes doivent savoir qu’en s’attaquant aux plus faibles, ils courent un risque", assène le ténor du barreau, admirateur de Donald Trump. "Il faut liquider l’héritage de Laurette Onkelinx et sa réforme néfaste de la loi sur le port d’armes. Les honnêtes citoyens ont le droit d’être armés. Pas à n’importe quelles conditions, et pas n’importe quel type d’armes, bien sûr", reprend le président du Parti Populaire, qui précise "qu’ une personne libre et responsable devrait avoir le droit d’être armée pour assurer sa défense. Je souhaite que le fait de demander à disposer d’une arme à la maison, pour se défendre, soit reconnu comme un motif légitime."

Car se procurer une arme à feu légalement n’a rien d’une partie de plaisir dans notre pays. La procédure nécessite une attestation médicale, de passer une épreuve théorique et une épreuve pratique. Le gouverneur doit également valider cette demande, sur base d’un avis de la police locale. Il faut par ailleurs pouvoir arguer d’un "motif légitime" : chasse, tir sportif et récréatif, collection, etc.

Dans ce même ordre d’idées, le PP souhaite "assouplir" la notion de légitime défense . "Il faut instaurer une ‘présomption de légitime défense’ en cas d’intrusion au domicile, de nuit, comme dans certains États américains. Chez nous, les gens n’ont pas les moyens de se défendre."

Enfin, Mischaël Modrikamen plaide pour qu’on autorise les professions à risque (politiciens, bijoutiers, juges, etc.), mais aussi les militaires et les policiers à détenir une arme à leur domicile, même en dehors de leurs heures de service. "Cela permettrait de mieux faire face à la menace terroriste. Je connais bien le modèle israélien : là-bas, en cas d’attentat, le terroriste se trouve confronté, en moyenne, à une personne armée en 30 ou 40 secondes. Je prends l’exemple du Bataclan : si 10 personnes sur les 1.000 qui composaient la salle avaient été armées, le résultat aurait été différent. Aucun parti ne me suit sur ce sujet. Mais je pense être en phase avec une bonne partie de la population."