Société Des Néerlandaises utilisent des urinoirs pour dénoncer le manque de toilettes publiques adaptées aux femmes.

"Pouvoir au pipi !" : c’est sous ce slogan provocateur que des dizaines de Néerlandaises ont entrepris samedi d’utiliser des urinoirs pour dénoncer le manque de toilettes publiques adaptées aux femmes, une riposte à l’amende reçue par une femme qui avait uriné dans la rue. Accroupies, se pinçant le nez ou portant des caleçons d’hommes : des Néerlandaises ont répondu à l’appel du groupe #zeikwijven (littéralement, "les nanas qui pissent") à "se tenir prêtes près des urinoirs pour montrer de manière humoristique qu’il n’est pas possible pour les femmes de faire pipi de manière nette, propre et digne dans un urinoir conçu pour les hommes".

Ce premier jour national du pipi dans les urinoirs publics, suivi par plus de 9.000 personnes sur Facebook, est né après la condamnation lundi de Geerte Piening à une amende de 90 euros pour avoir uriné en 2015 dans une allée à Amsterdam durant la nuit, alors que bars et cafés étaient fermés.

Ce débat pour plus d’"émancipipi" pour les femmes a eu d’autant plus d’écho que le juge a remarqué que Geerte aurait dû utiliser les urinoirs destinés aux hommes. "Ce n’est peut-être pas agréable, mais cela pourrait être possible", a-t-il conseillé, cité par le journal Het Parool.

La proposition du juge est une "absurdité", estime Cathelijne Hornstra, l’une des initiatrices du mouvement, car aucune technique ne garantit l’intimité des femmes dans les urinoirs publics, alors qu’Amsterdam compte actuellement 35 urinoirs pour hommes et seulement trois toilettes publiques adaptées aux femmes. "Les autorités locales ne sont pas obligées de mettre (des toilettes publiques) à disposition. Mais si elles le font, c’est seulement pour les hommes", dénonce-t-elle.

Les photos publiées samedi sur les réseaux sociaux sous le hashtag #zeikwijf seront transmises à la ministre néerlandaise en charge de l’Emancipation des femmes, Jet Bussemaker, de même qu’une pétition appelant à plus d’"équité du pipi" qui a déjà récolté près de 600 signatures.