Société

Philippe Monfils parle de `vide intégral´

BRUXELLES t Alors que les sénateurs reprendront bientôt l'examen des diverses propositions de loi sur l'euthanasie, plusieurs d'entre-eux ont présenté, vendredi, une contre-proposition visant à `réunir un large accord en la matière, au-delà des clivages politiques et philosophiques traditionnels´, ainsi que le souligne Alain Zenner (PRL FDF MCC), premier signataire de ce texte. A ses côtés, on retrouve Alain Destexhe et Nathalie T'Serclaes (PRL FDF MCC), ainsi que les Ecolos Paul Galant et Marc Hordies.

`Nous faisons intervenir notre liberté de conscience´, poursuit M. Zenner. `Il s'agit avant tout d'une démarche visant à contribuer au débat en cours.´ Ceci étant, `si ce texte peut servir de base à une future loi, nous en serions fort satisfaits´.

De manière assez étonnante, cette proposition de loi que le PSC, non sans en critiquer certains aspects, qualifie `d'excellent premier pas dans la bonne voie´ ne recourt à aucun moment au terme euthanasie. Explication: `Il ne s'agit pas de la légitimer, alors que l'euthanasie est un mot qui fait peur et qui, dès son prononcé, se présente comme un obstacle majeur à l'analyse même du problème´. Dès lors, on parlera plutôt de `ces actes qui ont pour effet de hâter le décès´.

Notons d'abord que la proposition se refuse à dépénaliser l'euthanasie. Son maintien dans le code pénal est au demeurant demandé par l'Association belge des syndicats médicaux (Absym), qui invite les médecins à signer une pétition en ce sens.

Elle repose également sur un principe `essentiel´: `replacer le patient au centre du processus de décision, particulièrement en fin de vie, lui permettant ainsi autant que faire se peut de se réapproprier sa propre fin de vie´. En découlent, pour le patient, un droit impératif à l'information sur son état de santé et sur les possibilités de traitement et de soins (en particulier palliatifs); ainsi qu'une subordination de tout acte médical à son `consentement libre et éclairé´. Il est aussi précisé que `le médecin doit s'abstenir de tout acte qui ne puisse raisonnablement contribuer à améliorer la santé ou la situation du patient´.

Lui même auteur d'une proposition de loi sur l'euthanasie, le sénateur Philippe Monfils (PRL) a vivement critiqué le texte concocté par ses collègues, se disant `étonné du vide intégral qui le caractérise´. Parlant de `voie de garage´, il déplore notamment qu'aucune sécurité juridique ne soit garantie aux patients et aux médecins.