Société

Melchior Wathelet détaille l’agenda des nouvelles mesures entrant en vigueur cette année en matière de sécurité routière

BRUXELLES Le secrétaire d’État en charge de la Sécurité routière Melchior Wathelet (CDH) fait le point sur la campagne hivernale Bob. Et revient sur les principales mesures entrant en vigueur cette année.

M. Wathelet, le taux d’infraction n’a jamais été aussi faible depuis que les campagnes Bob existent. Bonne nouvelle ?

“Oui. Les mesures que l’on a prises et les campagnes de sensibilisation montrent en effet des signes positifs. Mais cela reste encore trop important.”

Le nombre de contrôles est supérieur à celui annoncé (plus de 270.000 sur la campagne hivernale). Néanmoins, nombreux ont critiqué la pertinence de ces contrôles. Votre avis…

“Il est clair que l’on dépense beaucoup d’argent et d’énergie pour, au final, attraper moins de 3 % de conducteurs positifs. Ces campagnes de masse présentent un réel intérêt car c’est grâce à elles que l’on peut présenter des chiffres continuellement à la baisse. Ces contrôles sont donc efficaces. Je dis néanmoins que l’on s’aperçoit que les problèmes, liés à l’alcool au volant essentiellement, surviennent surtout la nuit. On devrait avoir une approche plus sur la qualité des contrôles et les moments où on les fait. Peut-être devrions-nous organiser un peu moins de contrôles de masse mais plus spécifiques.”

À cela, les polices du pays répondent que les contrôles nocturnes, a fortiori le week-end, cela coûte de l’argent…

“Certes. Mais les moyens vont arriver. L’argent récupéré via la hausse des perceptions immédiates ( lire ci-dessous, NdlR) sera intégralement réinvesti dans la sécurité routière. L’augmentation des amendes, ce n’est pas pour le budget de l’État, mais bien pour l’augmentation du nombre de contrôles et l’achat de matériel.”

Parmi ces nouvelles mesures, lesquelles vous semblent primordiales ?

“Deux principalement. La première est liée à la consommation d’alcool au volant. Le fait de passer à une perception immédiate de 165 euros constitue un signal clair pour les contrevenants. La seconde concerne le port de la ceinture, notamment à l’arrière. Avec le matériel dont on dispose aujourd’hui (sièges pour enfants, etc.), ne pas attacher ses enfants derrière est tout simplement criminel.”



Les 6 mesures


Dispositif d'éthylotest antidémarrage (Depuis le 1er janvier)

La pose d’un système de dispositif d'éthylotest antidémarrage sur les véhicules est entrée en vigueur en septembre dernier. Mais les premiers appareils n’ont pas encore été installés. N’empêche, toutes les personnes condamnées depuis le 1er janvier pourront se voir imposer la pose d’un dispositif d'éthylotest antidémarrage sur leur véhicule. Une autre mesure est effective depuis le 1er janvier : les perceptions immédiates.


Perceptions immédiates (Le 1er mars)


L’augmentation du tarif des perceptions immédiates prendra effet au 1er mars. À savoir : 55 euros au lieu de 50 pour les infractions du 1er degré, 110 euros au lieu de 100 pour celles du 2e degré, 165 euros au lieu de 150 pour celles répondant à des infractions de 3e degré, la conduite sous influence d’alcool ou de stupéfiants notamment. Les montants pour l’absence de port de la ceinture de sécurité augmenteront eux aussi au 1er mars : 110 euros au lieu de 50 pour les adultes, 165 au lieu de 50 pour les parents n’imposant pas la ceinture à leurs enfants. Pas d’évolution, par contre, pour les infractions jugées devant le tribunal.


Permis électronique (Le 1er mai)


Les permis de conduire électroniques (au format carte de banque) ainsi que les nouvelles catégories moto feront leur première apparition.


Défaut d’assurance (Le 1er juin)


Les véhicules non assurés seront contrôlés de manière automatique grâce aux boîtiers ANPR. Installés à l’entrée des rues par les gestionnaires de voiries ou directement dans les véhicules de police, ces boîtiers scanneront toutes les plaques minéralogiques et détecteront automatiquement celles en défaut d’assurance.


Récidive (Avant les vacances parlementaires)


La récidive sera plus sévèrement punie, qu’elle soit en matière d’excès de vitesse, conduite sous influence, délit de fuite, etc. : trois mois de déchéance de permis lors d’une récidive simple, six mois en cas de double récidive, neuf mois de retrait et obligation de repasser le permis pour une récidive triple.


Dénonciation obligatoire (Automne 2013)


Le propriétaire d’une voiture (titulaire de la plaque d’immatriculation) sera obligé de dénoncer la personne à qui il a prêté sa voiture si elle commet une infraction.




Note de la rédaction : nous avons précédemment utilisé par erreur le terme Alcolock®, comme nom commun, qui constitue une marque enregistrée appartenant à la société canadienne ACS.