Société La campagne d’Amazon placée sous le sceau de la sécurité fait polémique.

Ce n’est pas la première fois que les méthodes (et les conditions de travail) du géant Amazon défraient la chronique. Et ce n’est pas la nouvelle campagne lancée par le géant de l’e-commerce auprès de ses travailleurs de l’entrepôt de Lille qui va apaiser la polémique. Et pour cause, sous une forme jugée ludique par Amazon, les travailleurs sont appelés à dénoncer les manquements à la sécurité de leurs managers. Une action présentée comme ludique, sous forme de jeu, mais qui n’a pas l’heur de plaire aux syndicats, qui y voient sans conteste une forme de délation.

Ce concours , baptisé fun game par l’entreprise, est de surcroît assorti de récompenses pour les délateurs qui se montreront les plus actifs. Les salariés n’ont qu’à remplir un bulletin titré Faux pas pour obtenir un bon point en récompense. L’employé - ou l’associate, dans le jargon amazonien - qui récoltera le plus de points avant le 19 décembre, recevra un cadeau.

Dès le lendemain de cette annonce par affichage, le syndicaliste Vincent Julien s’est adressé à la direction d’Amazon afin de demander l’arrêt pur et simple du jeu qui devait durer jusqu’au 19 décembre. "Il est hallucinant de constater qu’un tel ‘jeu’ ait pu passer et être déployé sans que personne ne tique ", leur a-t-il reproché.

Interrogé par Capital, le service communication d’Amazon a répondu qu’il s’agissait "d’une opération ludique, faite dans un esprit bon enfant et bienveillant. Il ne s’agit pas de délation. Le but est que les employés fassent part des consignes de sécurité non respectées par leurs managers et qu’ils récupèrent en échange ce qu’on appelle des points. La sécurité doit être l’affaire de tous dans l’entreprise, des managers vers les employés, et inversement."

Et la direction de s’étonner d’une telle réaction dans le chef des syndicats, arguant que le jeu a déjà été organisé par le passé, sans soulever la moindre indignation puisqu’il "avait été accueilli de manière très positive."

Pour Amazon, ce concept est avant tout destiné à limiter les accidents de travail en cette période d’intense activité, où près de 4.000 travailleurs sont à pied d’œuvre.

Le géant de l’e-commerce est d’ailleurs coutumier de ces méthodes, utilisant les remontées d’informations (ou dénonciations) des travailleurs pour octroyer des primes aux plus méritants et se débarrasser des employés les moins performants…