Société Pour René Collin, ministre wallon de l’Agriculture, l’Agence a commis de lourdes erreurs.

La crise du fipronil était-elle évitable ?

"La crise est toujours évitable mais on n’est jamais à l’abri d’une fraude. C’est difficile de s’assurer qu’aucune fraude n’arrive. L’imagination des hommes est tellement féconde qu’il y a toujours un risque."

Comment expliquer que le fipronil se soit retrouvé dans plusieurs pays sans qu’on n’en sache rien ?

"Comme le fipronil n’est pas une substance interdite, il n’y avait pas de contrôle mais je pense que c’est un peu court comme justification. Il me paraît normal qu’il y ait aussi un contrôle des produits utilisés par des sociétés qui proposent d’aller nettoyer des étables et des poulaillers."

Que pensez-vous de l’attitude de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) dans ce dossier ?

"On se pose des questions sur son silence pendant une si longue période. On se demande pourquoi, indépendamment du fait qu’il existait une instruction judiciaire, l’Afsca a attendu le 20 juillet avant de prévenir l’Europe et pourquoi elle a attendu encore quatre jours de plus pour prévenir son ministre de tutelle. Pour moi, c’est un gros problème."

Qu’attendez-vous de l’agence à l’avenir ?

"L’Afsca doit informer complètement les consommateurs sur les produits qui présentent des traces de fipronil, même si elles sont en dessous des normes de toxicité. Le consommateur doit être informé correctement et après, libre à lui de faire son choix. Un autre problème qui devrait être réglé, c’est la lenteur du monitoring lorsqu’une crise est déclenchée. On a mis beaucoup trop de temps à aller chercher des échantillons dans les élevages, à attendre les analyses et à attendre des contre analyses. Il faut que l’Afsca puisse apporter la preuve qu’elle a un réseau de laboratoires suffisant et qu’elle a un paramétrage d’analyse assez performant pour éviter que l’analyse d’un même échantillon réalisée dans deux laboratoires différents donne deux résultats différents."