Société C'est une réalité connue de tous les travailleurs. Un collègue ramène un paquet de sucreries de ses dernières vacances et les partage avec tout l'open space. Le paquet circule, se vide petit à petit... mais jamais complètement. Le reste du cadeau finit d'ailleurs souvent à la poubelle

Mais pourquoi ne parvient-on pas à manger le dernier cookies du paquet qui traîne sur le bureau depuis des jours?

Un journaliste de Slate s'est penché sur la question. Voici ces éléments de réponse.

La politesse avant tout

Comme l'explique le journaliste, il n'y a pas de soucis pour s'empiffrer d'une dizaine de biscuits, jusqu'au dernier, quand on est seul ou entre amis. Au boulot, c'est différent.

"Quand on est en collectivité et qu’il y a un bien commun, on ne peut pas se l’approprier; se l’approprier, c’est ne pas tenir compte des autres", explique la psychosociologue Dominique Picard à Slate.

Ainsi, si on n'ose pas prendre le dernier produit placé au coeur de la communauté, c'est surtout par politesse. "On ne prend pas la dernière chose, c’est égocentrique, car si quelqu’un, ensuite, en a envie, il ne pourra pas en manger", ajoute le docteur.

L'autre idée lors de cette situation est de "faire honneur" à son collègue généreux. Si les collègues savourent une petite part du gâteau, cela signifie que c'est bon. Si tout le monde saute sur la friandise sans prêter attention à la quantité prise, cela signifie que le cadeau n'est pas d'une grande qualité, qu'il ne mérite pas de le déguster. En revanche, s'il reste un biscuit dans le paquet et que celui-ci finit par pourrir, celui peut envoyer "un message négatif" à celui qui l'a offert, comme quoi un seul suffit.

Notion de combat

Souvent pourtant, le dernier cookies de la boîte fait de l'oeil à toute l'équipe. Mais qui va se lancer? Si un collègue se lève et fait le tour du bureau en demandant "qui veut le dernier", c'est là que ça se corse.

En effet, s'il pose la question, c'est surtout parce qu'il en a envie. Ses collègues sont donc tentés de lui accorder le dernier morceau. Par contre, si c'est le patron qui pose la question, le combat tourne court. "Allez-y, prenez-le" vont répondre tous les employés par politesse envers la hiérarchie.

"Il faut une estime de soi équilibrée et se poser en “mâle dominant” pour dire 'je le veux bien'", explique la diététicienne et nutritionniste Florence Pujol.

Dans son article, Slate aborde aussi l'aspect personnel que chacun entretient avec le partage, selon qu'il est fils/fille unique ou issu(e) d'une famille nombreuse.