Société Le covoiturage sur de longues distances ne serait pas si bénéfique que ça pour l’environnement.

Lors de la semaine européenne de la mobilité, plusieurs actions ont été menées, mettant en avant des moyens alternatifs de mobilité, comme la journée sans voiture ou le covoiturage.

Cependant, ce dernier mode de transport n’est pas pour autant la solution la moins polluante. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (l’Ademe) émet certaines réserves sur le covoiturage de longue distance. Il paraît logique de penser qu’une seule voiture avec trois personnes polluera forcément moins que trois voitures avec une personne dans chacune. Seulement, le raisonnement est bien plus complexe que cela.

Selon l’étude de l’Ademe, les réductions d’impact sont estimées au premier abord à 33 %. Or, en comptant les "effets rebonds", les réductions d’impact tomberaient à 14 %. Par effets rebond, il faut comprendre les moyens de transport qu’auraient choisis les voyageurs sans le covoiturage. L’étude montre que, sur les longs trajets, 12 % des utilisateurs français de BlaBlacar (site de covoiturage) n’auraient pas voyagé, et que 63 % auraient choisi le train à la place. Mathieu Chassignet, ingénieur en transports et mobilité à l’Ademe, synthétise : "Pour un passager qui s’interroge sur la façon de limiter l’impact environnemental de son déplacement, le train est plus vertueux que le covoiturage, mais qui lui-même est plus vertueux que la voiture individuelle." L’Ademe relativise cependant ses propos et déclare que, d’un point de vue global, en prenant en compte les choix de chacun, le covoiturage aurait quand même un effet positif (14 % de réduction d’émissions).

Partager une voiture reste incontestablement plus avantageux sur les courtes distances. Par trajet court, il faut comprendre la distance entre le domicile et le travail par exemple, estimée en moyenne à 22 kilomètres. Avec quatre passagers par voiture, les réductions d’émissions sont de 75 %. Selon l’Ademe, le covoiturage permettrait alors "d’éviter dans 80 % des cas l’utilisation d’un véhicule seul".

C’est également le même chiffre mis en avant par l’ASBL belge Taxistop. Il faut savoir qu’en Wallonie, plus de 80 % des travailleurs se rendent seuls au travail en voiture. Selon Sandrine Vokaer, responsable de Taxistop, "une augmentation du covoiturage permettrait de diminuer le trafic sur nos routes", et donc de diminuer les embouteillages.

Les dirigeants de BlaBlacar restent optimistes et affirment que le covoiturage de longues distances a permis de démocratiser le covoiturage de manière générale. Ils déclarent "presque un covoitureur sur cinq qui teste notre service sur une longue distance se met ensuite aux petits trajets".