Réforme des retraites en rade

Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

Société

Des élus ont-ils voulu en profiter pour s’augmenter ? Malaise en coulisses…

BRUXELLES Allonger la durée des carrières ? La promesse de l’accord de gouvernement se met en œuvre à des rythmes fort différents. Dans le secteur privé et la fonction publique, la chose n’avait pris que quinze jours pour s’ébaucher, en décembre. Par contre, un gros volet reste en rade six mois après l’accord de majorité : la réforme de la pension des parlementaires.

Les sept présidents d’assemblées se revoient, une fois de plus, ce matin à ce sujet. Avec, chez certains, une crainte de nouvelle non-décision, même si les élus ont reçu une analyse juridique flamande évoquée la dernière fois.

Une nouvelle pièce doit, en attendant, être versée au dossier : il apparaît qu’un texte martyr existe bel et bien. Il est issu de la Chambre et du Sénat. Mais il a, dit-on, posé un (gros) soucis lorsque le président de la Chambre, André Flahaut, l’a mis sur la table en janvier.

Le texte appliquait ce que l’on sait déjà : passer d’un système calculé en vingtièmes (20 années de carrière suffisent aujourd’hui à un parlementaire pour faire valoir ses droits à une pension complète à partir de 55 ans) à un mécanisme en trente-sixièmes (à partir de 62 ans).

Problème : si on appliquait le nouveau système de calcul proposé dans la note, on en reviendrait… à augmenter dans certains cas le montant de la pension des élus ! “De fait, on nous proposait une valorisation de la carrière passée faisant en sorte qu’un élu ayant aujourd’hui droit à 10/20e se retrouvait avec 20/36e, ce qui est évidemment plus”, affirme cette source.

Une autre tempère : “Il doit s’agir d’un problème de rédaction de ce texte, parce que la volonté n’est pas de s’augmenter…”

“Les pressions sont fortes en interne, sans doute dans tous les partis, pour qu’on ne touche pas réellement au système” , corrige-t-on tout de même par ailleurs.

“Le problème” , ramasse cet autre contact, “c’est que nous voulons accoucher d’un système commun à tous les élus du pays. Or, les systèmes actuels sont tellement différents que cela relève du casse-tête. Imaginez : en Wallonie, des élus pensionnés ont même droit à un pécule de vacances…”

Contacté hier par nos soins, le président de la Chambre André Flahaut n’a pas donné suite à notre demande de réaction.



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