Société Le réchauffement climatique amène des poissons du sud au large de la Belgique

BRUXELLES A la faveur du réchauffement climatique, la mer du Nord se peuple petit à petit d'espèces marines qui, jusqu'alors, étaient confinées dans les eaux plus chaudes du Portugal ou du golfe de Gascogne. Sardines et anchois notamment sont ainsi de plus en plus courants en mer du Nord, révèle l'agence Belga.

Selon plusieurs observations scientifiques, les populations de ces espèces dites d'eau chaude en mer du Nord ont augmenté de manière importante ces dernières années. «La présence de ces espèces était vraiment occasionnelle auparavant. Aujourd'hui, elles sont de plus en plus courantes», affirme Francis Kerckhof, biologiste marin à l'Unité de gestion du modèle mathématique de la mer du Nord (UGMM).

Ces populations sont toutefois encore insuffisantes en taille pour en envisager une exploitation commerciale, précise le scientifique.

Selon lui, cette arrivée d'espèces vivant traditionnellement dans les eaux du sud de l'Europe est liée au réchauffement des eaux de la mer du Nord ces dernières. «Ces 10 dernières années, les températures moyennes de la mer du Nord ont progressé, certes faiblement, mais suffisamment pour permettre l'implantation d'espèces qui précédemment n'auraient pas survécu dans nos eaux froides en hiver», poursuit le chercheur de l'UGMM.

Selon une équipe de chercheurs écossais, la température moyenne de la mer du Nord aurait ainsi augmenté de 1 à 1,5°C au cours de ces 30 dernières années.

Si ce réchauffement rend les eaux de la mer du Nord plus accueillantes pour de nouvelles espèces, d'autres, telles les populations de crevettes grises, remontent elles aussi vers le nord à la recherche d'habitats plus froids.

«Ces crevettes nordiques seront progressivement remplacées par des crevettes venant du Sud. Le problème est que ces dernières sont nettement moins goûteuses que les crevettes nordiques, ce qui rendra leur exploitation commerciale nettement moins intéressante», conclut le scientifique belge.

Pour rappel, le réchauffement climatique a aussi amené en Belgique des espèces d'insectes (papillons, libellules notamment) qui vivaient normalement plus au sud.

© La Dernière Heure 2003