Société Rupture entre médecins et gestionnaires d'hôpitaux

BRUXELLES Les différentes parties - gestionnaires d'hôpitaux, mutualités et médecins -, représentées au sein du groupe de travail Perl (une task force mise sur pied par le ministre des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke), ne sont pas parvenues, hier, à un accord sur les économies à réaliser et les réformes à entreprendre dans les soins de santé. Les relations entre les médecins et les gestionnaires d'hôpitaux ont constitué le point de rupture des négociations. En cause: la partie que prélèvent les hôpitaux sur les honoraires médicaux pour les frais liés à l'utilisation de l'hôpital.
Président de l'Association belge des syndicats médicaux (Absym), le Dr Jacques De Toeuf a indiqué que `cet échec était inévitable. Nous progressons lorsque les discussions réunissent les représentants des médecins et des mutualités, mais elles capotent lorsqu'elles sont polluées par les gestionnaires d'hôpitaux. Je ne suis donc pas surpris. Au gouvernement, maintenant, à prendre ses responsabilités´.
Un avis partagé par le chef de groupe PRL FDF MCC, Daniel Bacquelaine, qui considère que Frank Vandenbroucke doit à présent réunir lui-même tous les interlocuteurs et reprendre en mains les négociations entre médecins et gestionnaires d'hôpitaux. Il a souligné qu'il était essentiel de trouver un partenariat entre médecins et hôpitaux et de clarifier leurs relations.
`Les gestionnaires n'ont qu'un seul objectif. Ils veulent boucler leur budget et pour cela ils prélèvent un maximum sur les honoraires médicaux et incitent les médecins à pratiquer des actes techniques´, note le chef de groupe libéral francophone.

"Tant qu'on n'aura pas trouvé un mode de relation qui rompt ce mécanisme, on se trouvera devant un problème insoluble pour le budget de la sécurité sociale", ajoute M. Bacquelaine, pour qui il est donc essentiel de remettre tout le monde autour de la table et de poursuivre les discussions. D'autant plus que, selon lui, on ne serait pas loin d'un accord.Secrétaire général de l'Union nationale des mutualités socialistes (UNMS), Bernard De Backer en appelle aussi à l'intervention de Frank Vandenbroucke. `La crispation a été totale entre médecins et gestionnaires. Je ne vois pas, aujourd'hui, beaucoup de possibilités de conciliation.´
Signalons, par ailleurs, que les honoraires médicaux ne seront finalement pas indexés au 1er janvier 2002, faute de marge budgétaire suffisante. Ce sera donc, comme prévu initialement, pour le 1er juillet 2002.