Société Examens de la vue: les ophtalmologues marquent un point

BRUXELLES Le conflit n'est pas récent, loin s'en faut. Mais il a connu, voici quelques jours, un tournant important. En cause: les examens de la vue pratiqués chez les opticiens, afin de déterminer le degré de déficience visuelle du client, et ainsi adapter la correction optique (lunettes ou lentilles de contact). Une pratique largement répandue, pour ne pas dire généralisée, qui irrite au plus haut point les ophtalmologues. Ceux-ci, médecins spécialistes, considèrent en effet que les opticiens exercent ainsi illégalement l'art de guérir. En tous cas en ce qui concerne la pose d'un diagnostic, un acte qui nécessite un solide bagage médical.
En mars 1996, à la suite d'une plainte déposée par l'Union professionnelle belge des médecins spécialistes en ophtalmologie et en chirurgie oculaire à l'encontre de la société Vision Express, le tribunal de première instance de Bruxelles, emmêlé dans nos contradictions législatives nationales, avait demandé à la Cour européenne de Justice un éclairage indépendant.
Celle-ci vient de rendre son avis; et il est favorable aux ophtalmologues. La Cour considère en effet que les juridictions nationales sont compétentes pour décider si les opticiens sont ou non autorisés à réaliser des examens de la vue; sachant que la législation de notre pays réserve cette prérogative aux seuls ophtalmologues. Les opticiens belges, arguant du fait que leurs confrères étrangers pouvaient pratiquer sans problèmes ces tests, estimaient qu'une interdiction limitée à la Belgique constituait une violation du droit européen. Il n'en est donc rien.
Entre-temps, en janvier 1999, le parquet général avait requis, devant le Cour d'appel de Bruxelles, la condamnation de Vision Express. Et pour ajouter à la clarté de l'affaire, la Cour de cassation a donné raison, à plusieurs reprises, aux ophtalmologues. Par contre, le conseil d'Etat et l'Inami pencheraient plutôt du côté des opticiens.
On indiquait, hier, dans l'entourage de Magda Aelvoet, ministre de la Santé publique, que `le dossier est sur la table´, afin qu'il y sera mis bon ordre une fois pour toutes. Il est plus que temps.