Société Après une année passée à l’accueil du parc, Tatiana est soigneuse des girafes depuis maintenant deux ans.

"Le danger avec les girafes, c’est lorsque les gens mettent leur enfant sur les balustrades ou leurs coups de têtes ! , souligne la jeune Tatiana (vidéo sur dh.be) qui est partie en Afrique les observer. En début de saison, ça va, ils sont contents d’aller dire bonjour au public mais en fin de saison, on voit qu’ils en ont marre…"

Si ces animaux sauvages reconnaissent sa voix, son odeur et même son visage, il est déjà arrivé que Congo reconnaisse un visiteur habitué. "Une fois le râtelier est tombé dans leur enclos et lorsqu’on est allé le remettre en place, mon collègue a reçu un léger coup de patte pour lui dire : allez, tu remets vite à manger (rires) !"

Justement, quel est leur régime particulier ?

"Essentiellement des feuilles (érable, tilleul, arbres fruitiers, saule ou rosaciers), puis un grain spécial car, normalement, les girafes mangent de l’acacia en milieu naturel. Ce qui est compliqué ici. Donc elles reçoivent un grain qui est un complément alimentaire très complet, deux fois par jour. De la luzerne entre 1 et 2 ballots par jour et entre 6 et 8 kilos par jour de grains."

Son quotidien se résume à manger ?

"(sourires) Oui car ce sont des animaux qui sont naturellement stréssés et comme ils sont constamment réveillés, ils vont manger. Même s’ils prennent des pauses de 20-30 minutes, ils leur arrivent de dormir debout les yeux à moitié ouverts."

Quel est le programme d’une journée type pour vous ?

"Cela varie car on a souvent des imprévus. Mais, en gros, on prépare les rations de tout le monde, on les nourrit, nettoie leur enclos et en cours de journée on essaye de faire du training avec eux. Comme les inciter à plier leurs pattes ou passer les portes car les girafes sont connues pour être des animaux extrêmement sensibles, timides et craintifs. On a donc du mal à leur faire passer les portes, on est occupé là-dessus en ce moment. Car ils apprennent très lentement et sont très têtus !"

Malgré tout, on s’attache à ses animaux ?

"On s’attache énormément à ces animaux… Ça devient vraiment nos petits bébés à nous. C’est difficile parfois de les quitter. On arrive le matin en leur disant bonjour mon petit chouchou et le soir au revoir les loulous, ils deviennent vraiment nos bébés (sourires)."

Un travail de rêve mais on imagine qu’il y a des moments plus difficiles…

"C’est vrai que c’est un boulot de rêve d’être ici, mais quand un de vos animaux tombe malade, c’est difficile de le voir en mauvaises conditions, voire de les perdre… comme ce sont nos bébés, ça fait du mal…"

En parlant de bébés, qu’en est-il pour les girafes ?

"Il n’y en a pas car il y a eu des castrations. Au niveau du patrimoine génétique, nous ne pouvons pas avoir trop de surreprésentation. Vu que les girafes de Rothschild sont souvent représentées dans les zoos en Europe [plus de Masaï aux USA, NdlR], on y fait attention car c’est du coup plus difficile à varier le patrimoine génétique et du coup à préserver l’espèce aussi. Si on a toujours les mêmes gênes qui se reproduisent, on va finir par avoir des déficiences, ce qu’on appelle des débiles au sens scientifique du terme, et finalement l’espèce se dégrade et ne survit plus."


EXPEDITION PAIRI DAIZA - Dimanche à 18.25 sur RTL-TVI