Société La Belgique est le 2e pays d’Europe à avoir la plus grande densité de pharmacies.

Depuis 1974 et la loi dite de répartition, l’ouverture d’une nouvelle officine en Belgique dépend d’une autorisation dans laquelle interviennent des critères démographiques et géographiques. L’expansion du nombre de pharmacies a été freinée mais pas suffisamment aux yeux de l’État qui, en 1999, a décidé d’un moratoire dont la validité a été prolongée jusqu’à fin 2019.

Fusions, fermetures et faillites aidant, le nombre de pharmacies est donc allé en diminuant : 5.098 au 1er janvier 2011, 4.929 au 1er janvier 2016. "Mais le maillage reste encore très dense , note Yannick Biot. Trop dense, même. Il va y avoir une sélection naturelle. Ces 5 dernières années, 1 officine a fermé, fusionné ou fait faillite tous les 10 jours. Je prédis que dans les années à venir, il s’agira d’une fermeture tous les 5 jours !" Et de poursuivre dans ses calculs prévisionnels.

"On est actuellement à une pharmacie pour 2.200 habitants. Quand on regarde leur rentabilité moyenne, on doit constater que pour arriver à un seuil acceptable de rentabilité, il faudrait arriver à un rapport de 1 pour 2.800 habitants. Ce qui suppose la disparition de quelque 750 officines dans les 10 prochaines années (d’où sa prédiction de 1 tous les 5 jours, NdlR.). Soit près de 130 à Bruxelles, 230 en Flandre et 390 en Wallonie."

Davantage donc en Wallonie qu’en Flandre ou qu’à Bruxelles, "car elles y sont plus petites et fragiles".

Pour mémoire, la Belgique est, après l’Espagne, le deuxième pays d’Europe dont le réseau pharmaceutique est le plus dense : 44 officines pour 100.000 habitants. La France n’en compte que 30, l’Allemagne 25, les Pays-Bas 12.

Plus en détail : en Wallonie et à Bruxelles, il y a en moyenne une pharmacie pour 2.090 habitants. En Flandre, il y en a une pour 2.456 habitants. En France, c’est une pour 3.401 habitants.