Société

Et pratiquement la moitié des moins de 40 ans... Le smartphone, nouvel opioïde ?

Vous ne nous avez pas attendus pour vous en aperçevoir. Il suffit de lever la tête de l’écran du vôtre, au resto, en bus, au bureau ou même à la maison : les Belges sont accros à leur smartphone. Déjà, la plupart d’entre eux en possèdent un : 81% selon une éude du bureau Profacts, menée sur un échantillon belge représentatif de 1.003 individus.

Le phénomène touche tout le monde, même ceux que le vieux cliché semblait épargner : 6 seniors de plus de 65 ans sur 10 disposent d’un smartphone.

Après, il y a possession et addiction. Et, manifestement, la frontière est de plus en plus floue... Toujours selon l’étude, près d’un Belge sur trois se déclare dépendant de son portable. Chez les moins de 40 ans, ce chiffre grimpe même jusqu’à près de 50% ! La nomophobie, en Belgique, serait d’ailleurs selon l’étude Profacts, une problématique plus féminine (35% des sondées concèdent etre accros) que masculine (22% des hommes). A moins que les dames soient tout simplement plus honnêtes ?

Sans vouloir communautariser ce qui n’a pas lieu de l’être, l’enquête relève aussi que les Bruxellois et Wallons seraient un poil plus accros à leur mobile que nos voisins flamands

Au-delà de ce constat de dépendance, 1 personne sur 10 fait savoir être ouverte à une initiative où l’on donne des conseils par des sites Internet et des applications afin d’être moins dépendant du smartphone. Avec un peu plus d’informations, presque 1 sondé sur 3 se dit partant pour participer à une telle action.

Reconnaître le problème, la première étape pour mieux le combattre...

Pour les deux chercheurs américains Eric Peper et Richard Harvey, le mot problème n’est een tout cas pas usurpé. Ils viennent de publier dans la revue américaine NeuroRegulation une étude qui leur permet d’affirmer que l’addiction digitale est une dépendance qu’ils classent au même niveau que les opioïdes. “La dépendance liée aux smartphones commence à former des connexions neurologiques dans le cerveau de la même manière que les personnes qui prennent de la morphine pour soulager la douleur “, explique Eric Peper.

Les chercheurs ont observé le comportement de 135 étudiants, à San Francisco. Ils ont constaté que les étudiants qui surconsommaient leur téléphone étaient ceux qui se sentaient le plus souvent isolés, seuls, déprimés et anxieux. Ces sentiments seraient dus au manque de langage corporel et d’interaction réelle avec autrui. Les réseaux sociaux, notifications et autres push ayant remplacé une partie des relations humaines, sous l’emprise du phénomèen FOMO (Fear of Missing Out, qu’on peut traduire par peur de louper un truc).

Pour revenir à l’enquête belge de Profacts, tout se rejoint : les 18-24 ans sont les plus accros aux réseaux sociaux mais aussi aux applis de news. Histoire de ne pas louper une miette de la vie sociale de leurs proches... et de ce qui se passe dans le monde qui les entoure.