Société

Si ce marché reste minuscule, il est condamné à grandir. Et plus vite que prévu

BRUXELLES Serait-ce le début d’un décollage ? Ne nous faites pas dire ce qu’on n’a pas (encore) écrit : ce n’est pas la razzia. L’ebook, ou livre virtuel, ne pèse, en Belgique, qu’un petit pour cent du marché total du livre. Mais l’engouement croît, vite et fort, au fur et à mesure que les gens s’équipent.

Et en Belgique, pour ce qui est des tablettes (la liseuse type Kindle ou Kobo est un poil moins populaire chez nous), ils le font plus vite qu’ailleurs : GfK considère qu’un Belge sur 14 a acheté une tablette en 2012 (800.000 unités vendues). On est à plus d’un sur vingt si l’on porte ce rapport à la France…

ce n’est pas tout. Selon une étude menée par BookBoon (spécialisé dans l’édition d’ebooks) auprès de 1.651 citoyens belges, la consommation d’ebooks pourrait grimper en flèche en 2013. Selon leur étude, 26,7 % des Belges devraient acheter leur premier ebook cette année. Ce qui nous mènerait à une augmentation projetée de la consommation d’ebooks chiffrée à 330 % sur notre noir-jaune-rouge patrie en 2013. Toujours selon l’échantillon sondé, seuls 8,7 % des Belges auraient déjà acheté un ebook.

Qu’est-ce qui freine les autres ? Outre la nature même d’une lecture sur écran qui garde ses détracteurs et les amoureux du papier pas prêts à se passer de son toucher et de son odeur, le prix des ebooks, bien entendu.

37 % des personnes interrogées l’estiment trop élevé. À raison : contrairement au marché anglo-saxon où la bataille du numérique mobilise pleinement les éditeurs, du côté européen et de surcroît francophone, on s’immisce sur ce terrain à pas feutrés, avec une offre généralement limitée et volontairement mal tarifée (très légèrement moins chère, plus souvent au même prix que le livre papier).

Il y a là une volonté de ménager le papier qui fait danser les maisons d’édition sur plusieurs pieds, mais ce petit jeu est intenable à long terme : en 2015, 12 % du marché total du livre proviendra de l’ebook – on est déjà à 17 % sur le marché américain. Aucun éditeur ne pourra se permettre le luxe de s’asseoir sur les 5,4 millions – bien matériels – que pèsera le livre virtuel dans moins de trois ans…



© La Dernière Heure 2013