Société

Un jeune sur deux se sent "accro" à son smartphone et la même proportion juge passer trop de temps sur les réseaux sociaux, ressort-il d'une enquête qui sera présentée vendredi par les Mutualités libres. Les adolescents de 12 à 23 ans passent en moyenne 1,6 heure par jour sur ces réseaux, surtout Facebook, d'après leur propre estimation. Mais pas moins de 18% disent y passer plus de trois heures par jour. Le sondage a été réalisé sur internet par Dedicated auprès de 976 Belges âgés de 12 à 23 ans. La marge d'erreur maximale est de +/- 3,1%.

C'est entre 16 et 19 ans que le sentiment de dépendance à son smartphone est le plus prégnant, avec 55% des adolescents qui se disent "tout à fait accro" ou, plus souvent, "assez accro". Mais déjà entre 12 et 15 ans, ce sentiment touche 49% des jeunes interrogés.

La prise de conscience d'un comportement addictif provient de la famille qui le dit (48%), du temps passé sur son smartphone (43%) ou encore de la difficulté à s'en passer (37%), précisent les répondants concernés.

La moitié des adolescents affirment toutefois essayer de ne pas rester rivés à leur écran quand ils se retrouvent entre amis.

Huit jeunes sur 10 consultent les réseaux sociaux tous les jours ou presque. Les plus fréquentés sont Facebook (80%), Youtube (65%), Messenger (60%), Instagram (60%), Snapchat (56%) et Whatsapp (52%). Ils postent du contenu en moyenne 3,3 fois par semaine.

Un jeune sur deux a parfois ou souvent peur de manquer quelque chose d'important s'il ne se rend pas sur les réseaux sociaux. Cette proportion grimpe à 56% pour les 12-15 ans.

Près de la moitié (41%) ont déjà publié un contenu qu'ils ont regretté par la suite. Un cinquième déplore la "pression sociale" en ligne et la récurrence des critiques négatives. Un quart regrette que trop d'informations inutiles circulent.

Mais les réseaux sociaux permettent aussi aux plus timides de s'exprimer plus facilement (78%), de prendre le temps de réfléchir avant de répondre (78%), ou encore de bien refléter une émotion grâce aux émoticônes (73%), considèrent-ils, même si la communication par message risque davantage de mener à des malentendus que la communication en face-à-face (69%). La moitié estime d'ailleurs que le comportement de ses amis n'est pas le même en ligne qu'en "vrai".

Six jeunes sur 10 ne veulent pas d'une interdiction totale des smartphones comme en France et les trois quarts d'entre eux sont favorables à une utilisation plus approfondie des outils numériques en classe.

Pour les Mutualités libres, "il est important que les écoles, les parents, les autorités, les mouvements de jeunesse, etc. sensibilisent les jeunes aux risques (encourus sur les réseaux sociaux, NDLR) et cherchent ensemble à les aider à atteindre un bon équilibre numérique. En effet, plus les jeunes disposeront de compétences et de connaissances numériques, mieux ils seront protégés contre les risques de santé qu'entraînent le smartphone et les réseaux sociaux, tant sur le plan mental que physique".