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Le prince Félipe et Letizia Ortiz sont désormais mari et femme. Ils seront les futurs roi et reine d'Espagne

MADRID Madrid des larmes au sourire. Une cathédrale de l’Almudena inondée de roses et d’oeillets blancs, des invités de haut rang, des mantilles de dentelles, une pluie battante, le tonnerre, et un dispositif de sécurité sans précédent: Felipe, prince des Asturies et héritier du trône d’Espagne, a épousé samedi l’ancienne journaliste vedette Letizia Ortiz, roturière et divorcée, pour le premier mariage royal d’Espagne en 98 ans, censé aussi ramener la joie à un pays bouleversé par les attentats du 11 mars dernier.

Le dernier mariage royal fut celui d’Alphonse XIII, arrière-grand-père du prince, en 1906. Le père du roi, Juan de Borbon, s’était marié en exil, sous Franco. Et, pour la première fois de l’histoire, vieille de 500 ans, de la royauté espagnole, une roturière est susceptible de devenir reine.

Letizia, qui portera désormais le titre de princesse des Asturies, est entrée au bras de son père, journaliste comme elle, dans la nef de la cathédrale néoclassique décorée de tapisseries décrivant des scènes bibliques et mythologiques. La jeune femme, âgée de 31 ans, portait une robe ivoire au décolleté en V, une mantille et une traîne de 4,5 mètres décorée de motifs héraldiques. Au front, elle arborait le diadème de platine et de diamants porté par la princesse de Grèce Sofia lorsqu’elle épousa Juan Carlos en 1962, à Athènes.

Son futur époux, l’immense Felipe, 36 ans et 1,97m, était en grand uniforme de commandant de l’armée royale.

Les cinq neveux et nièces du prince, âgés de deux à cinq ans, vêtus en petits pages aux tenues ivoire et dorées, ont tenté de garder le sérieux de demoiselles et garçons d’honneur, avant de s’égailler dans les travées, se faisant rappeler à l’ordre par leurs aînés. Le souverain et père du marié, Juan Carlos, présidait la cérémonie sur un côté de l’autel, accompagné de la reine Sofia, radieuse sous sa longue mantille noire.

Les mains enlacées, les yeux dans les yeux, Don Felipe et Dona Letizia ont échangé la formule de consentement à 11h50: "Moi Felipe, je te reçois, Letizia, comme épouse, et je me donne à toi et je promets de t’être fidèle dans la prospérité et dans l’adversité, dans la santé et la maladie, chaque jour de ma vie", voeu répété ensuite par la jeune femme. A suivi l’échange des alliances, devenant mari et femme avant de recevoir la bénédiction du cardinal archevêque de Madrid Antonio Maria Rouco.

Les deux amoureux, qui s’étaient rencontrés fin 2002 au cours d’un dîner, ont commencé à se fréquenter en secret au printemps suivant, avant que leur relation devienne officielle en novembre 2003, au grand étonnement puis à la grande joie de l’Espagne.

Dans son homélie, l’archevêque a exhorté le couple à ne pas craindre ses responsabilités: "Ne craignez pas ces exigences extraordinaires. Vous n’êtes pas seuls sur ce chemin. Le roi et la reine d’Espagne, la famille royale, vos familles et ceux que vous aimez, le bon peuple d’Espagne sont à vos côtés".

Faisant référence aux attentats du 11 mars, et évoquant Sainte Thérèse de Jésus, il les a aussi appelés à devenir les "instruments de la civilisation de l’amour".

C’est dans cette même cathédrale qu’il y a deux mois, la famille royale, circulant de travée en travée, avait tenté d’apporter un peu de réconfort aux familles des 191 victimes des attentats du 11 mars. C’était la première fois que des funérailles d’Etat y étaient organisées pour des personnes non-membres de la famille royale.

Au son d’un orchestre symphonique accompagné d’un choeur de 70 personnes, la cérémonie de samedi aura connu quelque minuscules couacs, comme lors du geste traditionnel, vieux de plusieurs siècles, de l’échange de pièces de monnaie entre époux: quelques unes des 13 pièces d’or vieilles de 500 ans ont échappé à l’archevêque. Ou encore le prince qui oublia ses répliques, puis le quasi-fou rire de Letizia au bout de près de deux heures de messe, les époux souvent surpris à bavarder discrètement pendant la cérémonie...

Parmi les 1.400 invités à ce mariage royal figurent le prince Charles d’Angleterre, l’ancien président sud-africain Nelson Mandela et la reine Rania de Jordanie.

Quelque 20.000 policiers assuraient la sécurité dans les rues. Des tireurs d’élite étaient postés sur les toits et des hélicoptères survolaient la capitale espagnole, dont le ciel était fermé au trafic, surveillé par deux avions-radar AWACS prêtés par l’OTAN. Un dispositif décrit comme le plus important qu’ait connu la capitale depuis la conférence de Madrid sur le Proche-Orient, en 1991.

Dans la foule, réunie déjà depuis l’aube, Manuela Lopez, venue tout exprès des Asturies, région natale de la mariée. "J’ai dépensé près de 300 euros pour venir, mais ça n’est pas grave. J’ai 60 ans et je ne raterais cela pour rien au monde".

Et, après l’Halleluiah du Messie de Haendel, les cloches de Madrid ont sonné à toute volée lorsque Felipe et Letizia, sous une pluie battante, sont sortis de la cathédrale, s’engouffrant dans leur Rolls-Royce Phantom IV de 1948, pour une procession très attendue à travers Madrid pour saluer le peuple d’Espagne. Jusqu’à la basilique de Notre-Dame d’Atocha, traversant le "bois des absents", planté à la mémoire des victimes du 11 mars.


Le salut au balcon, apothéose du mariage royal

Le prince et la princesse des Asturies Felipe et Letizia ont salué samedi du balcon du palais royal un millier des personnes massées dans les jardins d'Orient à Madrid, sous un soleil enfin revenu

MADRID Le public a attendu en vain le traditionnel baiser des mariés qui se sont bornés à se parler à l'oreille et à saluer de la main, avant d'être rejoints au balcon par le reste de la famille royale, le roi Juan Carlos, la reine Sofia, les infantes Elena et Cristina et leurs époux.

Les héritiers de la couronne d'Espagne ont conclu par cette apparition les célébrations publiques de leur mariage, après s'en être allés en Rolls Royce déposer le bouquet de la mariée à la basilique d'Atocha, à environ 7 km de l'Almudena où ils ont été déclarés mari et femme peu avant 10h00 gmt.

Felipe et Letizia se sont ensuite retirés au palais royal où les attendaient leurs 1.600 invités, dont une trentaine de têtes couronnées, pour le banquet nuptial. Le menu du banquet royal du mariage du prince Felipe de Bourbon et de Letizia Ortiz, devenue princesse des Asturies, a fait honneur à la riche gastronomie des différentes régions d'Espagne et aux traditions de la famille royale espagnole.

Après une douzaine de tapas, apéritifs composés notamment de jambon cru de Jabugo (Andalousie), des pommes de terre farcies au crabe, des tartelettes de morue ou des coquilles Saint-Jacques, et accompagnés de vins fins de Jerez et du cava (vin mousseux catalan), les quelque 1.600 invités du Gotha devaient déguster une feuilleté de fruits de mer sur lit de poireaux et légumes accompagné d'un Albarino, un vin blanc jeune de Galice (nord-ouest).

Puis, le festin préparé par le restaurant madrilène Jockey devait se poursuivre avec la dégustation d'un vin de La Rioja (région viticole du nord de l'Espagne) Imperial Cune 1994 et d'un chapon au four, mets déjà servi lors mariage du roi Juan Carlos Ier avec Sofia de Grèce, en 1962.

Le banquet devait se conclure autour d'une tarte nuptiale, une pièce montée préparée par le grand maître patissier Francisco Torreblanca, d'un poids d'environ 170 kilos, et accompagné d'un cava brut et d'un vin de moscatel de vieille tradition méditerranéenne.




Le prince Felipe et Letizia parcourent les rues de Madrid en Rolls Royce

MADRID Le prince héritier du trône d’Espagne Felipe de Bourbon et son épouse Letizia, devenue princesse des Asturies après leur mariage à la cathédrale de Madrid, parcouraient samedi à 11h00 GMT les rues du centre de Madrid dans une Rolls Royce blindée. Sous une pluie intermittente, le cortège royal, escorté par des motards, a défilé dans les rues où quelque milliers de personnes, beaucoup moins que prévu, bravaient les intempéries en lançant les traditionnels cris de «viva los novios» (vive les fiancés). Leur Rolls Royce Phantom IV, au toit de verre blindé, a été précédée à partir de la mi-parcours par la garde royale à cheval. Au milieu d’un imposant dispositif de sécurité, avec un policier tous les deux mètres tout au long du parcours, le prince et son épouse, souriant et saluant la foule de la main, se rendaient à la basilique d’Atocha, où devait avoir lieu une traditionnelle offrande florale. Il devait passer aussi à proximité de la gare d’Atocha, épicentre du massacre terroriste du 11 mars, par un «Bois des disparus» spécialement aménagé dont les 192 oliviers et cyprès symbolisent les victimes des attentats et un policier tué en essayant d’arrêter leurs responsables.



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