Société 20 % des personnes hospitalisées présentent une consommation problématique d’alcool.

La consommation problématique d’alcool est une réalité dans notre pays. Un Belge sur dix boirait plus que de raison (trois verres standards par jour pour les hommes et deux verres standards pour les femmes). Pas étonnant, dès lors, que les admissions aux urgences ou dans les hôpitaux révèlent une problématique d’alcool. "On estime à 20 % le pourcentage de patients hospitalisés en hôpital général qui présentent une consommation nocive ou à risque d’alcool" , indique le SPF Santé publique.

Afin de mieux aider les patients, le projet "liaison urgences-alcool" a été développé en 2009 par le CHU Saint-Pierre de Bruxelles. Le personnel soignant a été formé et sensibilisé à la problématique. Ils évaluent et interviennent auprès des patients à risque au sein des services d’urgence. Un coordinateur se charge de faciliter la tâche aux équipes et les mettre en relation avec les différents acteurs.

Il a, depuis, "été étendu aux services d’urgence de huit hôpitaux : l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, l’hôpital de la Citadelle de Liège, l’hôpital de Chimay, le Groupe Jolimont (La Louvière-Lobbes-Tubize-Nivelles), l’UZ Gent, l’AZ Groeninge, Het Ziekenhuis Oost-Limburg et l’hôpital de Marche-en Famenne", indique le cabinet de Maggie De Block.

"On a investi dans les liaisons alcool au sein des services d’urgence", explique la ministre elle-même.

Mais sur le terrain ? Est-ce que ça fonctionne ? Christophe Chevalier, coordinateur du dispositif Alcool au sein du groupe hospitalier Jolimont, l’affirme : "C’était un besoin du terrain ! Surtout dans notre région, le Hainaut, où la consommation problématique d’alcool est importante…"

Le coordinateur, en place depuis un an, travaille avec les différents services du groupe. "Mon rôle, en tant que coordinateur, est de renforcer le parcours de soins et d’apporter des améliorations si besoin. Je mets les différents services en relation afin que le patient ne doive pas répéter son histoire à chaque fois, par exemple."

Selon, lui, il est encore "trop tôt" pour tirer des conclusions. Mais il estime que les liaisons alcool-urgences sont "nécessaires". Pour être "efficaces", il faut travailler en "pluridisciplinarité" (psychiatrie, alcoologie, gastro-entérologie, centre post-cure), ajoute le coordinateur.

"Huit hôpitaux, c’est presque risible"

Martin de Duve, directeur d’Univers Santé et porte-parole du groupe Jeunes et alcool, s’est exprimé à ce sujet à de nombreuses reprises. Il avait dénoncé les "mesures cosmétiques" de la ministre lorsqu’elle a pris des mesures contre la consommation problématique d’alcool.

Selon lui, l’idée est bonne, mais n’émane pas du cabinet de la ministre de la Santé, mais bien des acteurs de terrain. Cette initiative, élargie à une poignée d’hôpitaux à travers la Belgique, manque de moyens et le nombre d’hôpitaux qui sont dotés de cette liaison urgences-alcool est trop peu élevé. Il indique qu’il s’agit d’une "initiative lancée par les acteurs du soin que vous étendez à sept nouveaux hôpitaux."

Il poursuit, s’adressant à la ministre de la Santé publique : "Bonne nouvelle. Content de voir que vous soutenez les professionnels, mais avec quels moyens ? Et qu’en est-il pour le reste du pays ? Huit hôpitaux en tout, c’est presque risible…"