Société

La femme d'affaires Véronique Van Acker a reconnu les faits ce mardi.

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a entamé mardi l'examen du dossier dit Capitalium, une vaste affaire d'escroqueries commises de 2002 à 2011, reprochées notamment à la femme d'affaire Véronique Van Acker, et dont certaines parties civiles sont des noms connus comme les footballeurs professionnels Mbo Mpenza et Luigi Pieroni. La prévenue principale proposait des produits financiers avantageux à des investisseurs et plus de 7 millions d'euros ont disparu. 

Véronique Van Acker, présente sur le banc des prévenus, ne conteste rien et dit regretter les faits. "Je suis coupable, je reconnais les faits. J'ai mis des années de thérapie pour comprendre comment j'ai fait pour en arriver à une telle situation, et à mettre tellement de gens dans les ennuis. Je regrette sincèrement. Si je pouvais revenir en arrière et réparer les choses, je le ferais. Malheureusement, ce n'est pas possible. Il m'a fallu des années pour comprendre: j'étais dans une fuite par rapport à la réalité", a-t-elle précisé en répondant aux questions de la présidente.

Véronique Van Acker a affirmé lundi qu'elle avait d'abord créé un fonds légal avec un associé aujourd'hui coprévenu, Moïse L., au début des années 2000. Celui-ci aurait perdu l'argent des clients et à partir de là, elle aurait caché la vérité en s'enfonçant toujours plus dans le mensonge.

"Dans ma folie, oui, j'ai tenté de boucher les trous. Mais dans la réalité, j'ai fait n'importe quoi. A aucun moment, je n'ai dit aux associés que la société périclitait: à ce moment-là, comme je me voile la face, je leur fais croire que tout va bien, comme je me le fais croire à moi-même", a encore indiqué la prévenue principale.

Van Acker affirme n'avoir plus d'argent pour rembourser les victimes

Van Acker a ensuite précisé que penser qu'elle avait caché de l'argent était entretenir un mythe. "Où est passé l'argent", a interrogé Me Pierre Monville, au nom des parties civiles, durant l'instruction d'audience. L'argent que pensaient placer les clients de Capitalium (dont le footballeur professionnel Mbo Mpenza) entre 2002 et 2011 n'était en réalité pas investi: il servait à payer les fournisseurs, les salaires, des commissions et plus de deux millions d'euros ont été retirés en cash d'après les enquêteurs. D'où la question des parties civiles.

"Si on pense entretenir ce mythe selon lequel j'ai caché de l'argent quelque part, je n'ai rien. J'ai tout perdu et je n'ai jamais caché d'argent. Tout a été mal géré. L'argent cash a aussi servi à rembourser certains clients qui réclamaient des intérêts. Je l'ai dépensé, je m'en suis servi pour payer les factures des sociétés... D'autres personnes ont-elle pris de l'argent, je ne le sais pas", a répondu la prévenue, née en 1965 et actuellement en médiation de dettes.

Les sept coprévenus de Véronique Van Acker, impliqués à titre divers dans les sociétés qu'elle a fondées, ont tous indiqué au tribunal qu'ils n'étaient pas au courant des escroqueries avouées par la prévenue principale. Le tribunal entendra les parties civiles mardi après-midi.