Société

9 personnes sur dix atteintes du lupus sont de sexe féminin

Avec la journée mondiale du lupus érythémateux, ce 10 mai met en lumière une maladie méconnue du grand public.

Le professeur Frédéric Houssiau, chef du Service de rhumatologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc et conseiller scientifique auprès de l’ASBL Lupus érythémateux, explique : “Le lupus est une maladie qualifiée d’auto-immune. Elle touche 9 fois sur 10 une femme. Et, donc une fois sur dix un homme.”

Les femmes entre 15 et 40 ans sont les plus susceptibles de développer le lupus.

En Belgique, cette maladie “touche approximativement 5.000 personnes. Une dizaine d’entre elles va décéder des suites de la maladie.”

Concrètement, cette maladie chronique est caractérisée par “un système immunitaire qui dérape.”

Le spécialiste reprend : “au lieu de fabriquer des anticorps contre des microbes, le système immunitaire s’attaque aux cellules de l’organisme. Il s’attaque aux parties du corps du patient.”

De nombreuses parties corporelles telles que les articulations, le cœur ou encore les reins peuvent être atteintes. On parle alors de “lupus systémique ou disséminé”.

Douleurs articulaires, plaques rouges, œdèmes, urticaire… Les symptômes de la maladie sont innombrables et ne sont pas identiques d’une personne à l’autre.

“La maladie présente des aspects variés, constate l’expert de l’UCL. 95 % des malades présentent des douleurs articulaires dues à l’inflammation. 5 à 10 % vont, quant à eux, développer des maladies rénales.”

On peut être certain de cette maladie grâce à des tests sanguins. “Souvent, on demande la présence de tests sanguins. Ceux-ci permettent de confirmer le diagnostic lorsqu’on l’a présupposé. Lorsque la maladie est prise à temps, on peut bien prendre en charge le patient.”

Lorsque le verdict est prononcé, il convient de se tourner vers “un rhumatologue. Ce dernier ne traite pas que des problèmes de rhumatismes dus à l’âge. Mais aussi de maladies inflammatoires, de polyarthrite, par exemple. D’autres spécialistes, comme les dermatologues, peuvent aussi aider les patients.”

Quant au traitement, “dans les cas les plus simples, on fait appel aux médicaments traditionnels à base de cortisone. Mais on connaît les effets secondaires des corticoïdes. Dans les autres cas, on peut envisager les cytostatiques. Mais ça s’apparente plus à de la chimio. Mais il y a des progrès ! Aujourd’hui, on peut faire des traitements plus ciblés… On connaît les mécanismes de la maladie. On sait comment elle opère. Donc on peut cibler. Sans entrer dans le détail, on va agir sur les cytokines induites dans cette maladie.”

Aux cliniques universitaires Saint-Luc, Frédéric Houssiau avoue “avoir suivi 500 patients atteints de cette maladie. Je ne vais pas le cacher, c’est un centre de référence dans le domaine.”



© La Dernière Heure 2011