Société La DH a passé une journée à bord du Primula, un chasseur de mines belge.

"Ce n’est pas un rocher…" Les yeux rivés sur l’écran de son opérateur-sonar, le commandant du chasseur de mines belges Primula , David Decoster, retient son souffle. Un objet cylindrique se détache du fond sablonneux de la mer. "On voit très nettement que c’est quelque chose de fabriqué par l’Homme." Au cœur de la centrale du navire, l’atmosphère est électrique. Le contact trouvé par Greg est une mine allemande d’une tonne. Dans la coursive principale, la nouvelle circule vite. "La chasse est ouverte. De jacht is open" , dit-on à bord.

La journée va être chargée : cet après-midi, la destruction d’une bombe anglaise, trouvée il y a quelques jours, est également prévue. Celle-ci pèse 226,8 kilos. Le Primula traque les explosifs historiques au large des côtes françaises, du côté de Caen, depuis une quinzaine de jours. Mais jusqu’ici, les fonds marins s’étaient montrés vierges. "La première chose que je regarde quand je reçois le calendrier de l’année, c’est combien de semaines d’Hodops on va avoir. Une opération comme celle-ci, c’est ‘pour du vrai’. On est dans l’action, on fait véritablement le métier pour lequel on s’entraîne toute l’année", avoue le commandant quelques minutes plus tard. Hodops (pour Historical ordnance disposal operation) est une opération de l’Otan visant à neutraliser les mines des Première et Seconde Guerres mondiales. Cette mission est menée par différents navires de guerre qui s’alternent en permanence. La Belgique y participe très régulièrement.