Société La proposition de la députée Mathilde Vandorpe (CDH) : une plateforme d’échange de services entre parents seuls et débordés.

" Je m’appelle Marie et j’habite à Wépion (province de Namur). J’ai deux enfants. Je dispose d’une voiture de cinq places, avec deux places disponibles à l’arrière. Ils vont à l’école dans le centre de Namur. Vu mon travail, je peux aller les rechercher à partir de 15 h à la sortie des classes. En revanche, je ne suis pas en mesure de les conduire ."

Ce message fictif fait partie de ceux qui pourraient, à l’avenir, être publiés sur la nouvelle plateforme en ligne, que planifie Mathilde Vandorpe (CDH), députée wallonne.

Avec un peu de chance, Marie trouvera une maman ou un papa, non loin de chez elle, qui pourra conduire ses enfants à l’école, tandis qu’elle reprendra les siens au retour. Cela pourra également déboucher sur un échange d’outils, de gardes d’enfants, de trajets pour le foot, la danse, etc.

"L’objectif, c’est de recréer du lien social perdu, mais via le numérique. Aujourd’hui, les gens passent de plus en plus de temps sur le Web, sur leur smartphone. On n’ose plus forcément aller frapper chez son voisin pour demander un coup de main", nous explique la députée mouscronnoise. En effet, les mères ou pères célibataires se trouvent souvent dans des situations d’isolement social et même familial. Ce qui les expose à un risque plus rapide d’épuisement physique et psychique, avec des conséquences importantes pour les enfants dont ils ont la responsabilité. Entre le travail, les trajets pour l’école, les activités extrascolaires, les courses, le repas du soir, et autres démarches administratives, le burn-out n’est parfois pas très loin !

La députée wallonne a donc déposé une proposition de résolution qui devrait être votée en commission ce mardi. "La ministre est d’accord avec le projet. Une fois le texte voté, elle déposera un appel à projets à destination des ASBL pour qu’elles mettent en place un site web ou une application en ligne. Le coût de mise en œuvre est assez faible. Environ 5.000 euros. Je m’attends donc à ce que la plateforme soit effective en 2018."

Une initiative similaire a déjà été prise à Bruxelles, à l’initiative la ministre de la Qualité de vie, Céline Fremault (CDH).

"L’idéal serait une plateforme unique pour la Wallonie sur laquelle les gens pourraient trouver, dans la commune ou la zone géographique où ils vivent, toutes les possibilités existantes, les voisins avec qui se rendre des services", reprend Mathilde Vandorpe.

Pour rappel, le taux de risque de pauvreté est beaucoup plus élevé pour les mères ou pères seuls : 35,5 % pour les familles monoparentales, contre 15 % pour le reste de la population.