Voici la réforme du chômage

Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

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Société

Le système passe à une dégressivité accrue, appliquée dès le 1er novembre

BRUXELLES C’était un des grands bras de fer de la formation du gouvernement fédéral. Avec une question aux implications potentiellement douloureuses : comment inciter un peu plus (encore) les chômeurs à revenir sur le marché du travail en réformant leurs allocations, tout en n’allant pas jusqu’à valider certaines propositions libérales flamandes de limiter l’octroi de celles-ci dans le temps ?

La parade finalement trouvée porte un nom : la dégressivité accrue des allocations. Et l’accord final du gouvernement en traçait les grandes lignes.

Mais le texte chargeait aussi surtout la ministre de l’Emploi, Monica De Coninck (SP.A), d’en préparer les modalités précises, et de les faire valider par les représentants des employeurs et des travailleurs. Voici quelques semaines, on annonçait l’arrivée de ce dossier avec retard. Il est désormais ficelé. Et la ministre l’a fait valider ce mercredi par le Comité de gestion de l’Onem.

“Il devra encore être transmis au Conseil d’État pour avis” , expliquait hier son cabinet en confirmant la teneur du document dont la DH a pu prendre connaissance en exclusivité. “Mais il ne devra plus passer par le Conseil des ministres. Il entrera en vigueur dès le 1er novembre prochain.”

Ce que ça va changer ? Pas mal de choses. On garde la philosophie des périodes successives actuelles (lire par ailleurs). Mais le fonctionnement de celles-ci est tel qu’on installe une dégressivité progressive dont la rapidité dépendra désormais davantage de la carrière antérieure. Bref : moins vous aurez travaillé avant de perdre votre emploi, plus vite l’allocation fondra.

But recherché : motiver au maximum les demandeurs d’emploi à rester le moins de temps possible sans accepter un nouveau job. Petite compensation : la première allocation, qui passe de 60 à 65 % du dernier salaire perçu (lire en page de droite). Ensuite, ça dégringole régulièrement même si, au final, le forfait des chômeurs de longue durée reste le même.

Consciente du petit séisme que ça va représenter, la ministre accompagne cela d’un autre adoucissement. Il concerne les critères à remplir pour pouvoir repasser à un stade d’allocation plus élevé, critères qu’elle revoit également, avec entrée en vigueur au même moment que la dégressivité, en novembre donc.

“Dans les faits, on assouplit et simplifie l’accès au droit aux allocations de chômage” , explique le porte-parole de Monica De Coninck. “On tiendra désormais mieux compte des situations de travail à temps partiel, en intérim, de courte durée ou avec des contrats à durée déterminée.” Une façon, en somme, de motiver les demandeurs d’emploi à accepter une forme de travail plus momentanée – d’aucuns diront plus précaire…

Important : la dégressivité accrue ne pénalisera pas les personnes qui ont déjà travaillé 20 ans à l’entrée en vigueur de la réforme, ni les plus de 55 ans.



© La Dernière Heure 2012
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