Société Rencontre avec Xavier Deville, nouveau président de Prodipresse

Xavier Deville a succédé à Walter Agosti à la tête de Prodipresse, la fédération des libraires au sein de laquelle il est actif depuis le début de la grande aventure, il y a plus de 14 ans.

Walter Agosti, l’ancien président de Prodipresse, a tout de suite vu en vous son successeur, mais vous avez pris le temps avant d’accepter…

"Cela fait 18 ans que je connais Walter Agosti. La première fois que je l’ai rencontré, le projet de créer une organisation unique pour fédérer les libraires était déjà dans les cartons. J’ai émis quelques idées et Walter m’a alors dit : ‘Toi, tu as de bonnes idées, on sera amenés à travailler ensemble.’ Walter a alors été président et m’a demandé plusieurs fois de lui succéder. Mais, avec ma vie de famille, je ne voulais pas occuper ce poste trop vite, je voulais que la structure soit bien en place."

L’avantage d’une si longue collaboration, c’est de pouvoir poursuivre le travail entamé ?

"Oui, nous avons un projet social et des objectifs clairs : pérenniser, défendre et promotionner le réseau des libraires. Il est aussi important d’effectuer une veille économique pour anticiper l’avenir du métier."

Précisément, être libraire n’est pas facile tous les jours. Comment survivre ?

"Nous avons la chance d’avoir un réseau présent sur l’ensemble du territoire. Les libraires sont aussi tous indépendants, nous n’appartenons à personne. C’est une force et de par la diversité de clientèle que nous servons, nous pouvons toucher tous les publics, si bien que si un opérateur veut toucher ce public le plus large, le meilleur moyen est de faire appel aux libraires."

Mais, malgré tout, certains abandonnent le métier…

"Oui, on peut dire qu’être libraire, c’est un sacerdoce. On fait ce métier par passion. Mais c’est la relation avec le client qui nous fait tenir. Au fil du temps, c’est un peu comme si on faisait partie de la famille. Quand je rentre de vacances, je suis toujours étonné de voir la réaction de mes clients qui se disent heureux de me revoir. Le lien est fort, on se raconte nos petites histoires. Parfois, pour les personnes âgées, on est le seul contact de la journée."

Cette journée du client, qui est aussi celle du libraire, est-elle dès lors particulière ?

"Oui, on est heureux de pouvoir remercier nos clients. Si on est encore là, c’est pour eux et grâce à eux, même si la presse, le tabac et les jeux sont en perte de vitesse et que pour survivre, on se diversifie et on se spécialise. Mais les clients savent qu’on aura toujours le bon conseil pour eux et c’est pour cela qu’ils reviennent."