Belliraj n'exécutait pas seul : pour la plupart des 6 meurtres à Bruxelles, Abdelatif Bekhti accompagnait

BRUXELLES Une des six victimes de Belliraj en Région bruxelloise a été tuée sur une... erreur. Le 23 juillet 1988, cette victime, M. Raoul Schouppé, a été exécutée dans son épicerie par Belliraj, persuadé que M. Schouppé était juif, ce qu'il n'était pas, et c'est ce qu'indique hier sa famille. Toujours selon nos infos, l'enquête tant au Maroc qu'en Belgique montre qu'Abdelkader Belliraj n'a pas commis seul ces assassinats en 1988 et 1989. Les faits, en tout ou en partie, ont été commis en binôme, par Belliraj avec un fidèle, Abdelatif el Bekhti, de Berchem-Ste-Agathe, également arrêté au Maroc depuis le 18 février dernier.

Les liens entre les deux hommes ne se sont jamais rompus. Ainsi, les Belges savent maintenant que Belliraj faisait partie, en mars 2003, du commando "à la camionnette" qui fit évader Bekthi de la prison luxembourgeoise de Schassig. Bekhti devait en principe rester détenu au Grand-Duché jusqu'en 2020 (pour sa participation à l'attaque du siège de la Brink's le 17 avril 2000 à Kehlen (Lux.).

Selon les enquêteurs belges, ce hold-up au Grand-Duché a été commis en participation avec 4 truands du milieu liégeois traditionnel. On a cité le nom du plus fameux d'entre eux.

Enfin, ces années furent émaillées de nombreux hold-up "classiques", y compris en Région bruxelloise, dont la motivation terroriste n'avait jamais été soupçonnée. C'est le cas d'un hold-up perpétré le 16 avril 1999 contre le bureau des postes de Forest, qui rapporta de 20.000 €. C'est lors de ce hold-up qu'un gangster maladroit, Hassan Zhiri, se blessa avec sa propre arme, un pistolet-mitrailleur Scorpion d'un modèle identique à ceux du réseau Belliraj au Maroc. Le 17 avril 2000, le braquage du siège de la Brink's à Kehlen rapportait 850 fois plus : 17 millions d'euros. La participation de Bekhti y est certaine : ses empreintes se trouvaient sur un des sacs volés à la Brink's, trouvé près de Virton.

S'agissant de l'assassinat de M. Raoul Schouppé, l'épicier de la rue de Mérode, il est confirmé hier soir qu'il n'avait pas les origines que Belliraj lui prêtait. Pour son premier des 6 meurtres, Belliraj est persuadé depuis 19 ans, et est encore persuadé là-bas au Maroc, qu'il a tué une personne juive. On sait depuis hier qu'il s'est trompé. Belliraj tirait cette certitude du fait que M. Schouppé fréquentait des amis juifs marocains de son quartier. C'était faux.Gilbert Dupont

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