Fernand Bachelard nous quittait il y a 30 ans. Souvenirs

BON-SECOURS 2 m 35. 240 kg. Pointure 62. Fernand Bachelard, alias le géant Atlas, c'était ça. En 1976, le célèbre colosse de Bon-Secours fermait le livre d'une vie faite de moments hauts en couleurs mais aussi, parfois, de tristesse.

L'asbl Animations et Festivités organise en ce moment, au café l' Atlas à Bon-Secours, une exposition retraçant la vie hors du commun du géant. En pénétrant dans le bistrot, sa silhouette, au mur, en impose. À ses côtés, tout le monde paraît petit, y compris William Brulard, organisateur. «À travers photos et objets, nous tentons de rendre hommage à celui qui était apprécié de tous ici à Bon-Secours. La vie de Fernand fourmille d'anecdotes. Par exemple, sa célèbre Ford décapotable affichant 260 au compteur ! Elle faisait impression au village. Et Fernand s'asseyait sur le siège arrière pour la conduire. Le géant était fort connu mais n'était pas vraiment heureux. Il avait conscience d'être devenu au fil du temps une bête de foire.»

Dans une des vitrines de l'expo figurent les chaussures du géant. Immenses. Un document de l'ORTF datant de 1972 le montre le jour de son mariage. Après sa mort, un musée lui sera dédié mais un an plus tard à peine, il sera la proie des flammes. Que de souvenirs disparus en fumée.

Ses extraordinaires dispositions physiques, apparues sur le tard, le propulseront vers une carrière de catcheur et dans de nombreux galas lors desquels il s'attaquait à des records. «Je me souviens de lui, derrière le comptoir de son café, en train de déchirer à la main les annuaires téléphoniques», indique William.

Ami de Jean Nohain et de Fernand Raynaud, le géant, natif de Templeuve, avait décidé d'arrêter de courir le monde pour aider sa maman, qui venait de reprendre un café sur les bords de la frontière.

© La Dernière Heure 2006