L’enfant-roi égocentrique

VOUDRAIT-IL SE FAIRE DÉTESTER À TOUT PRIX POUR MIEUX AFFIRMER SA TOUTE-PUISSANCE ?

BRUXELLES Bart De Wever, que l’on pourrait désormais surnommer, à l’instar de Joëlle Milquet, Monsieur Non, nous joue-t-il l’enfant capricieux ? Il présente en tout cas de nombreux traits de l’enfant-roi, celui que nous décrit le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez. “L’enfant caractériel, dit aussi l’enfant-roi, peut aller très loin dans son déchaînement verbal pour obtenir ce qu’il désire. Il fait des crises de toute-puissance, surtout lorsqu’il a pu constater que cela marchait. C’est un enfant à qui on a généralement déjà cédé une fois. L’enfant qui a appris à jouer de cela petit pour obtenir ce qu’il voulait, imprime souvent ce mécanisme tel un programme et continue à l’utiliser plus grand.”

Le grand Bart est-il un enfant-roi ou s’amuse-t-il à un autre jeu encore plus machiavélique ? Difficile de répondre.

Plus facile à deviner est son désir de se faire détester à tout prix par les francophones, estime le Dr Jean-Yves Hayez à qui nous avons demandé de conseiller Bart De Wever en matière de communication avec le sud du pays. “Inutile de lui donner des conseils pour se faire comprendre par les francophones, il ne le désire pas. Vous pouvez donner des conseils à des personnes dont l’intelligence leur permet de mieux raisonner, mais ce monsieur ne le désire pas. Au mieux, il ferait semblant pour embêter son monde mais c’est tout. Il veut se faire détester par les francophones, ce qui dévoile aussi sa grande volonté de puissance. Il est doté d’une personnalité très dominante. Les Flamands constateront plus tard que ce ne sera pas facile de discuter avec un égocentrique comme lui.”

Et si Bart De Wever joue les dominants, son enfance y est évidemment pour quelque chose. “Notre caractère, on naît avec mais il est ensuite influencé par notre éducation… Son drame familial, celui d’avoir été élevé par un collabo (NdlR : son grand-père), peut avoir développé chez lui cette envie de réparer le passé de sa famille. Il veut à tout prix montrer qu’il est le meilleur, qu’il est la lumière de la Flandre. Cela n’en fait pas un homme anormal”, conclut le pédopsychiatre qui, contrairement à d’autres, a accepté de se mouiller sur la personnalité du Flamand le plus redouté du pays.

Nawal Bensalem

Bart De Wever chercherait à se faire détester des francophones de par sa volonté de toute-puissance, estime le Dr Jean-Yves Hayez.