Belliraj : tortures au Maroc

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Les Marocains ont annoncé les arrestations le 18 février : ils étaient détenus depuis janvier !

BRUXELLES Rencontrée par la DH/Les Sports, la famille Bekhti dénonce les services spéciaux marocains dans l'affaire Belliraj. Abdellatif Bekhti, 40 ans, de Bruxelles, est un des suspects belgo-marocains détenus au Maroc, du réseau Belliraj, réseau dont le Maroc a annoncé le démantèlement le 18 février dernier.

En fait, accuse sa famille rencontrée à Bruxelles, les arrestations dataient de janvier : la DST marocaine a pu "travailler" les suspects hors procédure pendant trois semaines dans son centre de Temara. La faim, la soif, l'isolement sensoriel, les coups, des traitements dégradants, l'électricité, la baignoire, des simulacres de pendaison. Selon les Bekhti, Belliraj était en fait arrêté le 21 janvier et Abdellatif Bekhti dénoncé par Belliraj depuis le 30. Accusé d'avoir constitué un réseau proche d'al Qaeda, en aveux d'avoir rencontré Ben Laden avant le 11 septembre, Abdelkhader Belliraj sera jugé aussi au Maroc pour six assassinats à Bruxelles entre 1988 et 1990, dont le Dr Wybran. Les Bekhti connaissent les Belliraj depuis le milieu des années 1990. Mais selon les Bekhti, Abdellatif, "un braqueur pour qui seul compte le fric", n'a jamais eu d'activité terroriste avec ou sans Belliraj au Maroc ou en Belgique. "Mais que lui a-t-on fait signer ? "

Sa famille : "Le centre de la DST marocaine se trouve à Témara. C'est la prison des tortures et ils y ont passé trois semaines. De ce qu'ils nous ont dit, (Abdellatif Bekhti) a été torturé à l'électricité. Il a été maintenu, pendant 18 jours, attaché, menotté, nu, aveuglé par un bandeau 24 h sur 24. Il y a eu des sévices, des humiliations extrêmes. Il a été pendu les pieds au plafond. On l'a torturé par le bruit, par le sommeil. Il a été frappé au tuyau d'arrosage. Et c'était : "Tu parles, tu manges. Tu parles pas, tu manges pas. Tu parles tu bois. Tu parles pas, tu bois pas." Il a subi la baignoire noyé tête dans l'eau."

Abdellatif Bekhti, 40 ans, est Bruxellois. Il a grandi à Bruxelles, fait ses études en français. Il ne connaît que l'arabe darija. "Il a signé des déclarations rédigées dans une langue, l'arabe littéraire, qu'il ne connaît pas."

Depuis leur transfert à la prison Zaki, où il n'est plus question de sévices, les Belgo-Marocains ont droit à 90 minutes de visite tous les lundis. Alors des proches leur apportent de la nourriture. Selon les Bekhti de Bruxelles, Belliraj est tenu pour une "vedette" et traité comme une "star" qui aurait droit des égards. Bekhti est seul en cellule. Il s'inquiète de la procédure suivie au Maroc où la peine de mort, qui subsiste sur papier, n'a plus été appliquée depuis les années 1990.

Gilbert Dupont

Cet hôtel situé à Marrakech appartient à Belliraj, emprisonné au Maroc où il sera jugé pour six assassinats commis à Bruxelles. (d.r.)

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