Face à une forte équipe espagnole, l'Italien rêve de reconduire son titre, ce que personne n'a jamais fait !

PÉKIN Paolo Bettini a rendez-vous avec l'histoire du sport cycliste, demain (départ à 11 h, 5 h en Belgique), à l'occasion de l'épreuve olympique dont il est le tenant du titre. Le Toscan est en effet l'un des principaux candidats à sa succession dans une course dont il a fait l'un des grands objectifs de sa saison, avec le Mondial de Varèse, fin septembre. Jamais encore, un coureur n'a pu réussir le doublé aux Jeux Olympiques; Bettini est mû par ce rêve !

La course est toutefois différente d'un Mondial (l'Italien vient de gagner les deux derniers Championnats du Monde !), lui-même déjà tellement particulier puisque disputé, comme l'épreuve de demain, selon le mode des formations nationales.

Avec 140 partants et, au maximum, cinq coureurs par équipes, il sera extrêmement difficile pour une nation de contrôler les attaques d'autant que le tracé (voir par ail-leurs) s'annonce particulièrement difficile. Dans des conditions climatiques elles aussi pénibles (chaleur et humidité, voire pollution), on doit s'attendre à une course d'usure et d'élimination où l'important sera, avant tout, de se préserver au maximum pour frapper au dernier moment.

Les équipes d'Italie (Bettini, Rebellin, Bruseghin, Nibali, Pellizotti) et d'Espagne (Valverde, Sanchez, Freire, Sastre et Contador), qui présentent - avec la Russie dont on aurait tort d'oublier la qualité du quintet qu'elle aligne (Efimkin, Menchov, Ivanov, Karpets ou Kolobnev, le vice-champion du monde, qui remplace Gusev, en proie à des soucis) - les plus beaux effectifs, seront les favorites de la course olympique mais la tactique pourrait finalement ne jouer que peu de rôle, vu la lourdeur du tracé.

Face à ces armadas, peut-être pas si invincibles que cela, les individualités Popovych, Kreuziger, Leipheimer, Evans, Voigt, Vandevelde, Lövkvist, Pfanneberger ou Schumacher espèrent jouer les trouble-fête, tout comme les Luxembourgeois dont les trois représentants, Kirchen et les frères Schleck, sont autant de chances de conquérir une médaille quand bien même ils sont plus rivaux qu'équipiers. Dans ce contexte, les Belges (Monfort, Van den Broeck), comme les Français (Dessel, Pineau) ou les Néerlandais (Gesink, Ten Dam), n'ont rien à perdre et on doit s'attendre à les voir se lancer dans des offensives au long cours, dès la première partie de la course, peut-être.

La course olympique sera aussi l'occasion de mesurer le bien-fondé du choix de Paolo Bettini qui est, avec Alberto Contador - mais pour d'autres raisons - quasiment le seul des favoris à avoir fait abstraction du Tour de France.

"La Clasica de San Sebastian m'a servi pour me confronter à ceux qui sortent du Tour, a dit Bettini, 5e au Pays Basque. Je suis compétitif même si, à Athènes, j'étais plus fort. L'expérience sera primordiale. Samedi passé, j'ai commis une erreur dans le final. Mais il valait mieux que ce soit à cette occasion que samedi prochain."

Eric de Falleur

Paolo Bettini pourrait devenir le premier coureur à enlever deux titres olympiques d'affilée sur route. (belga)