Arrêté à Bruxelles le 23 février, Chelahfi est réclamé par les Pays-Bas

GRAND BANDITISME BRUXELLES La nuit du 28 au 29 juin 2011, la capitale des Pays-Bas était secouée par un braquage sans précédent. Une dizaine de malfrats encagoulés et vêtus de gilets pare-balles avaient assailli le siège du très fameux transporteur de fonds Brink’s d’Amsterdam et avec les grands moyens, à la manière d’un commando.

Ils étaient munis d’armes de guerre, des kalachnikovs pour changer, et ils avaient immédiatement attaqué le bâtiment avec des explosifs. La porte d’entrée avait rapidement volé en éclats. Ils ont encore déblayé le passage avec des masses et des pinces-monseigneurs.

Tout le personnel de la Brink’s avait préféré prendre la poudre d’escampette. L’audace des truands ne s’était pas arrêtée là. Des complices avaient érigé des obstacles devant les parcs de voitures de plusieurs commissariats proches, afin de retarder l’arrivée des forces de police.

Quelques malfrats patrouillaient dans la rue aussi, kalachnikov à l’épaule pour prévenir toute intervention policière pendant que leurs comparses chargeaient des sacs de liasses de billets. Le montant du hold-up n’a jamais été communiqué.

Quand un premier véhicule de police est arrivé à proximité, il a été immédiatement ciblé par des tirs en rafale. Les agents avaient préféré faire demi-tour. Leur forfait accompli, les gangsters avaient fui dans deux puissantes Audi.

Mais, sur l’autoroute, l’un des deux véhicules avait provoqué un accident et avait pris feu.

Des témoins, qui ignoraient tout de l’affaire, s’étaient précipités à leur secours mais eux aussi ont été accueillis par des rafales de kalachnikovs. Une Hyundai sera car-jackée.

Par miracle, il n’y eut ni mort ni blessé au cours de cette opération. Mais cette sauvagerie peu commune dans le chef de malfaiteurs n’est pas sans rappeler la dizaine de braquages à l’explosif et à l’arme lourde perpétrés en France en 2011. Quatre suspects pour ceux-ci ont d’ailleurs été arrêtés à Bruxelles.

Et c’est dans notre capitale aussi, à Saint-Gilles plus précisément, qu’un certain Chelahfi a été interpellé le 23 février dernier. La Hyundai avait été abandonnée en région bruxelloise.

Deux plaques utilisées par les malfrats y avaient été volées. Chelahfi nie tout mais les Pays-Bas, qui avaient décerné un mandat d’arrêt européen, le réclament. Il avait déjà des antécédents en Belgique. Il a comparu hier matin devant la chambre du conseil qui doit statuer sur la demande d’extradition.

Jean-Pierre De Staercke

Des truands lourdement armés s’étaient attaqué au siège de la Brinks. d.r.