Daph Nobody, jeune auteur bruxellois, publie un deuxième recueil de nouvelles fantastiques

BRUXELLES C'est parce que, à ses débuts, prospectant à Paris dans les grandes maisons d'édition, on lui a fait comprendre qu'il n'"était personne" que Daphnis Boelens, 31 ans aujourd'hui, licencié en philosophie et lettres, est devenu Daph Nobody. Un pied de nez parce qu'il vaut mieux en rire, avant de replonger dans l'univers qui est le sien depuis qu'il peut déchiffrer l'alphabet : celui des mots. "Vers 12 ou 13 ans, déjà, j'ai su que je voulais faire de l'écriture un métier", dit-il humblement aujourd'hui. "Je n'ai jamais cessé de travailler, ayant toujours plusieurs projets en même temps."

Enfant solitaire, "sans TV et sans vacances", il s'abandonne à la lecture. Ses premiers héros de papier, il les découvre en poche, "aux éditions J'ai lu. Il y avait une collection avec un bord noir sur la couverture. Il y avait, à cette époque, un fameux arrivage d'épouvante", se souvient-il, comme toujours hanté.

Il grandit avec Stephen King, et bien d'autres. Et, tout naturellement, puisque l'on n'est jamais que la somme de ce que l'on lit, ses nouvelles se teintent de fantastique, d'un peu de gore et d'autant d'épouvante. "En y regardant de plus près, mes livres ont toujours un point de départ réaliste", dit-il. "Mais j'ai toujours tendance à basculer dans le fantastique. Comme pour alléger le sujet. Car mes histoires parlent souvent de souffrance, de douleur."

Décliné en sept nouvelles, "sept jours de vacances au pays du cauchemar, sept merveilles de l'immonde", comme on peut le lire sur la quatrième de couverture, La Lumière des Au-delà entraîne le lecteur dans sept univers différents et pourtant nés, à n'en pas douter, d'une même plume. De l'odyssée d'un petit groupe de rock dont le leader finit avec le coeur d'une groupie à l'histoire d'un dompteur de lions devenu tueur pour survivre, il y en a ici pour tous les goûts, et surtout pour toutes les frayeurs. Tandis qu'il travaille aujourd'hui sur le troisième tome de La Lumière..., Daph Nobody confesse que changer de genre le tente. "Un roman d'amour, pourquoi pas ? Après tout, c'est aussi fantastique..."

I. M.Daph Nobody, La lumière des au-delà, (Société des écrivains)