Vandenbergh et Stybar ont tout perduà cause des spectateurs

“La situation était idéale, on avait toutes les cartes en main, c’était le plan d’être bien représentés à l’avant dans la finale, en supériorité numérique, quand nous avons tout perdu en un kilomètre : c’est Roubaix.”

Cette phrase, lasse, de Wilfried Peeters, résume le sentiment des Omega Pharma Quick Step, victimes de la chute de Vandenbergh dans le Carrefour de l’Arbre, qui a heurté de plein fouet un spectateur qui ne s’est pas reculé à temps, tandis qu’un autre spectateur a déséquilibré Stybar, qui, s’il n’est pas tombé grâce à un numéro d’équilibriste, a perdu le contact avec Cancellara et Vanmarcke. “Sans ça… je suis au moins sur le podium”, râlait le Tchèque à l’arrivée. “Mais, franchement, je pensais à la victoire. Car j’étais dans une situation idéale, parfaite. Je n’avais pas dû passer de relais avant d’être en tête de course, comme il y avait Vandenbergh devant, et je me sentais le plus rapide du groupe. Mais c’était impossible pour moi de revenir après cet incident. Je suis donc très déçu.”

Mais l’ancien double champion du monde se voulait aussi positif, oubliant très vite sa déception. “Oui, car pour mon premier Paris-Roubaix, j’ai joué la gagne. Je veux donc revenir pour la victoire.” La victoire qu’a longtemps espérée Stijn Vandenbergh. “Je me sentais fort, notamment avec Vanmarcke”, raconte celui qui aura marqué les Flandriennes, avec sa 2e place au Nieuwsblad et ses présences à l’E3 ou à Waregem. “Avec l’équipe, on a livré la course parfaite. Et puis il y a eu cette chute. À cause du spectateur. Mais aussi à cause de moi, j’étais fatigué et j’ai commis une erreur : je l’ai payé cash. Je suis lourdement tombé, le coup était dur, ma première pensée était de savoir où était mon vélo même si je savais pertinemment que ma course était finie. Mais j’ai encore montré que je peux être là, sur les grandes classiques.” Après avoir critiqué ses troupes, Patrick Lefevere, a tenu à féliciter la course exemplaire de son équipe. “Tout le monde sait que Roubaix, c’est notre course et on l’a encore prouvé : mes coureurs ont montré que nous avons une équipe formidable. Mais la poisse nous a anéantis dans le Carrefour de l’Arbre. Les incidents avec Vandenbergh et Stybar, c’est, malheureusement, l’image de l’année… Et aussi l’image de la malchance qui nous poursuit depuis le début de la saison. Et, face à cela, on ne peut rien faire.”

J. Gil.