Dommage ce son désastreux car les voix sont au rendez-vous

BRUXELLES Si, à sa création, Hair avait pu choquer tant l’Amérique puritaine que l’Europe, le propos – liberté sexuelle, pacifisme, écologie – semble avoir pris un coup de vieux tant il est entré dans les esprits depuis plus de quarante ans.

Depuis, voir des gens à poil ou entendre les mots sodomie, cunnilingus ou autres sur scène est devenu assez commun, en tout cas plus aussi choquant qu’à l’époque. L’intelligence des adaptateurs de cette version 2010 est d’avoir rajeuni le propos – en ajoutant une critique du consumérisme par exemple – histoire de viser un public jeune et pas seulement les soixante-huitards attardés.

Jeudi au Cirque Royal , la majorité du public avait dû connaître la période hippie mais semblait rangée des joints et avait troqué les pattes d’éph et chemises à fleur pour des costumes cravates depuis bien longtemps. La belle idée fut d’avoir fait descendre de temps à autre les chanteurs dans le public, rendant le show plus interactif. Mais malgré leur talent, ils eurent toutes les peines du monde à réchauffer une salle amorphe.

On soulignera les performances vocales de Philippe D’Avilla dans le rôle de Berger, de David Ban dans celui de Woof ou de Fabian Richard dans celui de Claude Bukowski où il succède à Julien Clerc et Gérard Lenormand qui avaient créé le rôle en 1969 à Paris.

On a surtout craqué pour la voix de Lisbeth Guldbaek (Dionne), chanteuse d’origine danoise à la diction parfaite qu’on a pu applaudir dans Les dix commandements. Car c’est là que résidait l’une des faiblesses de ce Hair : une sono favorisant trop les basses rendait certains dialogues, en français, incompréhensibles. L’absence d’orchestre live faisait en outre perdre l’émotion que l’interaction entre musiciens et chanteurs peut apporter.

J. B.