Témoignage unanime de la classe politique, amis et adversaires confondus

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, qui fréquentait politiquement Michel Daerden depuis plus de 20 ans, fait part de “sa peine pour ses proches”. “Même si on pouvait craindre le pire, il y a tout de même un sentiment de perte par rapport à un homme encore jeune, qui occupait une grande place dans la vie politique.”

Willy Demeyer salue “une personnalité politique hors du commun dont la réputation dépassait largement les frontières de la région”. “C’était un homme fraternel, chaleureux, disponible, populaire, convivial et sensible.”

Politiquement, le bourgmestre rappelle “nos moments de grands accords mais aussi parfois de désaccords”. “C’était un grand technicien et quelqu’un qui n’avait pas peur de défendre ses idées, y compris en interne, au sein du Parti socialiste. Ce que je tiens à particulièrement souligner, c’est qu’il a toujours privilégié des solutions d’intérêt général. Michel Daerden a été un compagnon de route. J’ai fait des campagnes avec lui. Il n’hésitait jamais à se mouiller.”

Les premières pensées d’Alain Mathot, le bourgmestre de Seraing, vont aux trois enfants de Michel Daerden : Frédéric, Aurore et Helena. “Perdre un père est une épreuve terrible et crée un vide que rien ne peut combler”, dit-il. “Michel était quelqu’un de hors du commun, à tous points de vue. La politique était toute sa vie, c’était un stratège dont les yeux brillaient quand il voyait comment concrétiser un gros dossier ou sceller un grand accord… Nous avons eu des moments d’opposition, et tenter mutuellement de déjouer nos plans était alors un peu comme un jeu d’échecs !”

Alain Mathot connaissait Michel Daerden depuis sa naissance. “Il m’a vu grandir. Ce sont de grands fous rires, de grandes discussions, des moments parfois surréalistes que je n’oublierai jamais”, se rappelle-t-il. “Nous nous sommes vus juste avant qu’il ne parte en vacances, il était joyeux, parlait de sa campagne électorale qui débutait, échafaudait des stratégies pour mener de gros dossiers à Saint-Nicolas. Il avait encore beaucoup d’énergie qu’il voulait mettre, au sein d’Ecetia, au service de la métropole liégeoise.”

Eric Wiertz est l’attaché de presse de la commune de Herstal, dont le bourgmestre n’est autre que Frédéric Daerden. Mais l’homme était aussi un ami de Michel Daerden. “Michel était d’origine très modeste, un enfant du peuple, et ne l’avait pas oublié. Il avait à cœur de servir la population, de faire le bien pour les gens. Il m’a donné d’approcher la politique dans ce qu’elle a de plus noble et de plus concret.”

Les qualités politiques de Michel Daerden, l’attaché de presse les souligne. “Un homme exceptionnel d’une brillante intelligence, un immense travailleur qui savait aussi s’amuser dans le travail. Il laisse un incroyable bilan politique, qu’il sera toujours facile de critiquer. Mais sans lui, pas de TGV à Liège, par exemple. Et au-delà des querelles qu’on lui prêtait avec certains, il a été à une époque un des grands pacificateurs de la Fédération liégeoise du PS. Si je perds un ami, le pays de Liège perd son dernier dinosaure politique. L’émotion sera grande parmi la population mais aussi au sein du monde politique, plus discrètement sans doute…”

Michel Faway, l’ami de toujours, est effondré. Ex-secrétaire général du CPAS de Liège, il a toujours été proche de Michel Daerden. “Surtout dans les moments difficiles”, se souvient-il. “Il a toujours été fidèle en amitié et moi aussi. Il n’y a jamais eu de distance entre lui et moi”, dit-il encore en insistant sur cet aspect : “Au-delà de l’aspect politique, moi, c’est un ami qui me quitte…

Walther Herben s’exprimait avec une voix chargée d’émotion. Michel Daerden, il le connaissait depuis une trentaine d’années. “Je suis déconfit. Michel, c’est mon meilleur ami” !

C’est en 1987 que Michel Daerden et Walther Herben, actuellement secrétaire communal à Ans, ont commencé à se fréquenter. “C’était pour préparer les élections et nous ne nous étions plus quittés depuis. Quand il est devenu ministre de la Politique scientifique et de l’Infrastructure, c’était le 23 décembre 1994, j’ai quitté ma fonction à la commune durant deux ans et je l’ai suivi à son cabinet. On le sait, j’ai toujours été un de ses proches.”

Comment était-il humainement ? “C’était quelqu’un d’extrêmement sensible, qui avait besoin d’être entouré de ses amis, qui réagissait avec émotion à certaines situations... Je l’ai déjà vu en larmes alors qu’il était confronté à des personnes dans des situations difficiles.”

I. L. et J. Def.

Quatre bourgmestres d’Ans côte à côte : Yves Parthoens, Stéphane Moreau, Michel Daerden et Fernand Gingoux. lemaire