La condamnation

ne sonne pas la fin

des ennuis du magistrat liégeois qui fera l'objet d'un dossier disciplinaire

BRUXELLES La saga judiciaire de Marc de la Brassinne a franchi un cap décisif, hier, devant la 1re chambre de la cour d'appel de Bruxelles. L'avocat général liégeois, poursuivi pour recel et emploi de main-d'oeuvre au noir, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et à trois millions de francs d'amende...

C'est en mars 1997, en toile de fond de l'affaire Dutroux, que Marc de la Brassinne avait été arrêté. Le magistrat était soupçonné de pédophilie et du meurtre d'une dame âgée avec laquelle il avait signé une convention de rente viagère en février 1996. Quelques mois plus tard, on retrouvera le cadavre de la dame dans les eaux de la Gileppe (Spa). Si, pour certains, il s'agit de rumeurs destinées à nuire, la procureur générale de Liège, Anne Thily, elle, les prend très au sérieux. La magistrate interpellera le ministre de la Justice pour lui faire part de faits de moeurs et d'assassinat à charge de l'avocat général.

Trois ans plus tard, l'affaire se dégonfle. Les accusations de pédophilie et de meurtre sont abandonnées. Devant la cour d'appel de Bruxelles, son avocat, Marc Uyttendaele, invoque une saisie irrégulière de la cour d'appel. En raison de ce vice de procédure, Me Uyttendaele parviendra à faire tomber six des huit préventions reprochées à son client. Pour rappel, le prévenu a été renvoyé devant la cour d'appel de Bruxelles pour tentative d'escroqueries au préjudice de la BBL et de la Société Générale pour un montant de 20 millions chacune, extorsion d'aveux, recel de pièces d'or volées pour une valeur de 6 millions de francs et, enfin, l'emploi d'un ouvrier au noir.

En bout de course, seuls le recel et l'emploi au noir seront retenus. Préventions pour lesquelles l'avocat général - suspendu de ses fonctions depuis décembre 1996 - vient d'être condamné. Depuis le début de ce procès, nous avons assisté à un dégonflement de l'affaire, estime Me Uyttendaele. Nous allons donc poursuivre notre combat devant la juridiction compétente: la Cour de cassation. De son côté, la procureur générale de Liège a confirmé qu'un dossier disciplinaire à charge de Marc de la Brassine sera transmis au ministre de la Justice. Dossier qui porte sur l'ensemble des préventions reprochées. Il ne faut pas oublier que celles qui ont été écartées par la cour d'appel l'ont été seulement pour vice de procédure, a estimé Anne Thily...