Le Musée d’Ixelles propose une rétrospective hyper – ou post, c’est selon – réaliste de Roland Delcol

EXPOSITION IXELLES Le regard pétillant du garnement espiègle qui vient de faire un croche-pied aux bien-pensants, Roland Delcol a la gentillesse de nous faire visiter la rétrospective qui lui est consacrée au Musée d’Ixelles.

Après avoir traversé les différentes salles – ah ! cette collection complète des affiches de Toulouse-Lautrec puis la nouvelle exposition consacrée à Delvaux (voir ci-contre) – nous arrivons à celle où sont exposées une bonne vingtaine des peintures de ce peintre décrit comme hyperréaliste.

“C’est amusant parce que si je suis considéré comme le premier à avoir joué de ce style en Belgique, les Allemands me considèrent déjà comme postmoderniste. Ce ne sont finalement que des qualificatifs et des cases. Je veux surtout surprendre, étonner et donner quelques pistes au spectateur.”

Tous les tableaux ont le même titre : Sans parole. “Les surréalistes faisaient des jeux de mots qui donnaient à réfléchir; moi, je laisse les gens parler et traduire mes peintures.”

Des peintures qui ont pour point commun une femme nue, élément incongru et amusant dans une scène où elle n’a rien à y faire et où le reste de l’œuvre semble indifférent à sa présence. Elle n’a rien d’érotique; elle est là, souvent à côté d’hommes dont on s’amuse à reconnaître les visages : Hitchcock, Magritte, André Breton, son ami Louis Scutenaire, Fred Astaire et bien d’autres.

Ses détournements d’œuvres lui permettent aussi de toucher à différents styles. “Je travaille encore au pinceau; je tiens à soigner les détails de l’œuvre, en cela je me sens presque comme un artiste du 19e siècle, l’un de ces pompiers. Chez moi, un fond ne sera jamais uni; le noir ou le bleu sont en réalité des dégradés. J’aime aussi détourner des œuvres comme une nature morte façon 17e mais dans laquelle je place une cannette de bière ou une boîte de pilchards.”

Étonné aussi d’être plus souvent exposé dans les musées que dans les galeries, Roland Delcol, du haut de ses 70 printemps, a souvent exposé aux États-Unis, berceau de l’hyperréalisme avec un artiste comme Edouard Hopper.

Jean Bernard

En savoir plus Roland Delcol Musée d’Ixelles, rue J. Van Volsem 71 – 1050 Bruxelles Jusqu’au 30 décembre 2012

Ouvert du ma au di : 9h30-17h

Fermé lu et jf.

Fred Astaire et la demoiselle nue dans une végétation luxuriante. Tout l’absurde de Roland Delcol. dr