Yves Vander Cruysen sort 54 histoires vraies sur des héros de la guerre 40/45 en Brabant wallon

BRABANT WALLON C'était un petit homme. Il habitait sur les hauteurs de Bousval. Odon Godart se sentait cependant chaque fois gêné quand on lui demandait d'expliquer comment, à la demande d'Eisenhower, il avait décidé tout seul du jour et de l'heure du débarquement de Normandie. Le météorologue brabançon avait, en effet, prédit que le 5 juin 1944, il ne fallait pas agir à cause du brouillard et qu'après le 7 juin, le temps serait trop mauvais

Pour Yves Vander Cruysen, le témoignage d'Odon Godart lui restera longtemps dans les mémoires, tant l'homme était d'une «humilité déconcertante». Et des héros comme celui-là, l'échevin waterlootois en a rencontré tant qu'il a décidé de regrouper tous leurs témoignages dans un livre comprenant 54 Récits de guerre en Brabant wallon.

De l'installation de la ligne KW jusqu'aux lendemains de la guerre, ce livre relate les bombardements tragiques de Wavre, Nivelles et Ottignies, les grands faits de résistance, les rafles, les assassinats meurtriers, Le tout est illustré, en couleur, par le fameux Lion de Waterloo orné d'une batterie antiaérienne prise par Otto Kropf, alors attaché à la propagande allemande.

«J'ai dû faire des choix, regrette presque Yves Vander Cruysen devant l'abondance de matière. Il y a pourtant un témoignage qui n'y figurera jamais. C'est celui de Léon Zitrone, qui avait raconté lors d'un passage à Braine-l'Alleud qu'il s'était évadé à la gare de Sart Moulin. Quand j'ai voulu lui en parler, il a refusé de témoigner gratuitement.»

Et l'auteur de remercier des personnalités aussi diverses que les Rixensartois François De Troyer et William Ugueux, le Perwézien Victor Lempereur, le Lasnois Désiré Denuit, le Wavrien Robert Pied, l'Ottintois Georges Romain ou le Nivellois Louis Genty: «Sur les 200 personnes que j'ai rencontrées, 70% sont décédées. Certains ont cependant encore le temps de relire et d'apporter une dernière correction à leur témoignage juste avant de nous quitter.»

Mais dans toutes ces tranches de guerre, Yves Vander Cruysen ne peut s'empêcher de rappeler qu'elles «ne peuvent masquer les drames, les deuils, les souffrances, les privations partagées par des milliers de femmes et d'hommes innocents. La guerre reste la pire des choses. L'exalter serait la banaliser.»

Récits de guerre en Brabant wallon, éditions Racine, 304 pages avec 16 pages de photos, en vente dans les librairies du Brabant wallon dès la fin de la semaine pour la somme de 22,45 euros.

du Wavrien Bobby Laumans et du Waterlootois le général-baron Mike Donnet, ici à ses côtés.

(DH)

© La Dernière Heure 2004