L'humoriste a dépassé les limites, à nouveau

BRUXELLES Oops, he did it again. Alors qu'il jouait son spectacle intitulé J'ai fait l'con au Zenith de Paris, devant Jean-Marie Le Pen, la militante pro-palestinienne Ginette Skandrani et plusieurs personnalités de la galaxie d'extrême droite comme Dominique Joly ou Frédéric Chatillon, l'humoriste au rire acerbe a joint le geste au titre. Il a fait monter sur scène le négationniste invétéré Robert Faurisson, qui depuis 30 ans renie l'Holocauste, pour lui remettre "le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence". Au-delà, de l'énième sortie de route, que faut-il penser de tout cela ?

objectivement, sans arroser la graine du scandale que Dieudo a semée et sans non plus l'accuser de tous les maux de la terre, trois points de vue se décantent.

Primo, Dieudonné, qu'on l'aime ou non, est talentueux. On ne signe pas 11 spectacles en 10 ans sans cela (3 avec Elie Semoun, 8 en solo).

Deuzio, Dieudonné va trop loin. Même s'il se place en chantre de la liberté d'expression, les règles du jeu de la provoc' qu'il mène, il les définit lui-même. Volontairement à la limite (souvent au-delà) de l'acceptable. C'est sa mécanique : nourrir le feu du scandale.

Tertio, il est étonnant de constater que ce pour quoi Dieudonné est aujourd'hui décrié, il le faisait déjà il y a 8 ans ( le Divorce de Patrick). Toutes les religions y passaient à la moulinette, pas seulement le judaïsme. Mais si l'on peut les titiller (d'autres le font), on ne tacle pas ainsi les mémoires. Et surtout, il y a 8 ans, Jean- Marie Le Pen n'était pas dans la salle...

A. Ca.

Dieudonné a encore frappé.