Le cadeau de la ville à la société Moncrabeau qui fête ses 160 ans

NAMUR Voilà un beau cadeau d'anniversaire offert par la Ville, organisateur d'Estivarts, à la confrérie des 40 Molons qui souffle cette année ses 160 bougies. Hier, Place d'Armes, sur le coup de midi, tout ce que Namur compte de Soçons était de sortie. L'événement est de taille: en présence d'une belle brochette d'échevins et de conseillers communaux ont été dévoilées les statues de Djozef et Francwès, vêtus du costume traditionnel des Molons. On savait nos deux compères blagueurs, les voilà devenus menteurs. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils avaient fière allure.

Non moins fiers étaient les Molons qui sous la direction d'abord de Romain Pompier puis de leur chef de musique, Jean Denison, ont ponctué l'événement au son des mirlitons avant d'entonner quelques uns de leurs classiques chantés en choeur par l'assistance.

L'idée est inspirée du Manneken Pis qui lui aussi est mis à toutes les sauces. «Ce sont les deux personnages de Namur les plus sympas, déclare le président de la confrérie, Daniel L'Hoir.

Pour rappel, le costume des Molons, créé par Nicolas Jomouton, un artiste peintre (l'ascendant de la famille Jomouton qui a tenu un commerce de tissu rue de Fer à Namur) allie à la fois les couleurs françaises (bleu blanc rouge) et belges (noir jaune rouge). Le plastron est divisé en quatre parties illustrant la devise Plaisir et charité de la confrérie: pes pipes et un jeu de cartes côté amusement, la lyre et la tirelire au volet philanthropique. Ajoutez une culotte de velours noir, une cape à la mousquetaire, des manchettes et guêtres rehaussées d'arabesques d'or, un chapeau d'astronome tronqué et une collerette tuyautée.

Aucun détail n'a été omis pour Djozef et Francwès. Les costumes ont été confectionnés sur mesure par L'Asbl La Source de Bouillon, d'après les moules ayant servi à la réalisation des statues. «Cela relève plus de l'artisanat que de la couture habituelle, explique Anne Delbaen. Impossible d'enfiler le costume. Ses différentes parties tiennent par stretch et velcros. Cela a demandé 80 h de travail. Il a fallu courir jusqu'en Hollande pour trouver du velours noir adéquat, pas trop lourd, ni trop raide.»

Les Molons ne dissimulaient pas leur plaisir, tout en signalant, en passant, qu'ils souhaiteraient voir des jeunes candidats au prochain concours des menteurs. Avis aux enseignants

Hier soir, nos deux compères ont retrouvé leur apparence de bronze. C'est ça, Estiv'arts, la fête de l'éphémère. Les Namurois passent, mais les deux personnages de Jean Legrand resteront toujours tels qu'ils ont été conçus, moulés pour l'éternité.

© La Dernière Heure 2003