Journée d'étude au stade Luc Varenne sur les plaisirs transfrontaliers

TOURNAI Le service de prévention de la Ville de Mons et la liaison antiprohibitionniste ont convié ce vendredi différents acteurs pour débattre des plaisirs transfrontaliers.

Lorsqu'on connaît la situation répressive en France sur les drogues, il était important de faire le point sur les cadres légaux en Belgique ainsi que de la situation des drogués.

Marie-Sophie Devresse, maître de conférence à Lille 1 a suivi pendant plusieurs années l'observation judiciaire à l'égard des consommateurs de drogues: «L'expérience judiciaire et policière est une expérience qui n'est pas isolable en soi. Elle se replace pour les usagers dans un ensemble d'événements, de préoccupations, voire des aléas de la consommation addictive, des aléas de la fête».

«On peut parler de quatre caractéristiques du fonctionnement de la justice pénale: la complexité, l'inconsistance des rencontres, l'inadaptation de la réponse pénale, l'inconséquence», a tenu à rappeler également Marie-Sophie Devresse.

Le Premier substitut du procureur du Roi de Tournai a, quant à lui, présenté l'évolution de l'attitude de la justice face à la drogue. Selon Jean-Bernard Cambier, la loi de 1921 n'a pas été pas des plus claires. La seule réponse qui était donnée dans les années 80 a été la répression. Au fur et à mesure, le monde pénal a voulu comprendre les justiciables.

Plutôt les vendeurs

Il a voulu également réagir sur le phénomène des drogues qui se retrouve aux alentours des boîtes de nuits, des mégadancings. «On a remarqué que dans les années 90, les danseurs en dehors des frontières ont commencé à venir en masse pour danser sur la techno. Malheureusement, était associée avec cette musique une arrivée massive d'ecstasy. Il a fallu imaginer une réponse à cette explosion

Le procureur a déclaré qu'il avait du mal à envoyer en prison quelqu'un qui cherchait du plaisir et qu'il préférait s'occuper des ventes que des simples consommateurs.

Le pénal a désormais pris en compte la situation du drogué. Une personne n'étant pas une autre, les histoires personnelles étant différentes, la réponse de la justice se veut de nos jours réaliste face aux phénomènes de la drogue. Bien entendu, la répression reste sa première arme, mais la justice ne veut pas rester pas les yeux bandés. Le colloque a voulu prendre à bras le corps le problème de la manne française qui arrive en Belgique pour s'amuser aux rythmes des sons électroniques ainsi que des drogues en faisant appel à différents intervenants.

© La Dernière Heure 2005