Tout en conservant le niveau et la philosophie de son groupe (10 millions d'€), Patrick Lefevere mise sur la jeunesse

TIELT Cela fait quelques années maintenant que chaque début janvier, l'on se presse à Tielt, dans les salons de l'hôtel Parador, propriété de la famille Maes, laquelle dirige l'entreprise de literie Latexco. Tour à tour, les équipes de Patrick Lefevere (GB-MG, Mapei, Domo, Quick Step) y ont été présentées car Latexco (Innergetic désormais) et son patron Luc Maes sont restés fidèles au manager flandrien tout au long de son évolution professionnelle.

Et force est de constater que depuis douze ans maintenant, Patrick Lefevere a toujours été à la tête d'une formation de premier plan. Il n'en sera pas autrement, cette fois, avec Quick Step-Innergetic (10 millions et demi d'€ de budget!), une des deux équipes belges, parmi les dix-neuf retenues pour le ProTour.

«Je crois que je peux être content de notre équipe, en effet, affirmait le manager d'Oostrozebeke. Elle est bien dans la continuité des précédentes. Certes, plusieurs anciens sont partis, comme Museeuw, Virenque, Dufaux, mais nous avons toujours autant de qualité. Et le groupe est très jeune avec une belle marge de progression, 26 ans et huit mois de moyenne d'âge, plus jeune encore en enlevant les deux ou trois vieux du noyau comme Zanini, Bramati ou Knaven.»

Car le groupe sportif belge mise vraiment sur l'éclosion de jeunes talents. Aux côtés de Tom Boonen (24 ans seulement), de Jurgen Van Goolen (24) ou de Nick Nuyens (24), de Patrick Sinkewitz (24) et de Michael Rogers (25), il accueille Kevin De Weert (22, ex-Rabobank), Sébastien Rosseler (23, ex-Bodysol), Filippo Pozzato (23, ex-Fassa Bortolo) et trois néopros. Le Danois Mads Christensen (20), médaille de bronze au Mondial espoirs, ainsi que nos compatriotes Dimitri De Fauw (23) et Wouter Weylandt (20), deux excellents sprinters.

«Je pense que nous nous sommes renforcés, poursuit Lefevere, avec l'arrivée de Pozzato, bien sûr, mais aussi de Rik Verbrugghe, de Cristian Moreni, le champion d'Italie, ou de Marc Lotz. Bien sûr, nous avons toujours été plutôt structurés pour briller dans les classiques où nous voulons encore frapper fort cette saison, notamment avec Paolo Bettini, qui est quand même champion olympique et vient de gagner sa troisième Coupe du Monde consécutive. Mais je suis certain que nous allons aussi nous défendre dans les courses à étapes qui seront quand même la base du ProTour.»

La nouvelle donne imposée par l'UCI va, en effet, modifier la configuration du sport cycliste.

«Personnellement, je suis pour le ProTour», affirme encore le Flandrien qui est désormais assuré de travailler pendant les quatre futures saisons avec les mêmes commanditaires. «Mais on va voir en pratique ce qui change exactement. Aujourd'hui, il y a encore des zones d'inconnues.»

Ce qui est certain c'est que Lefevere compte sur Bettini, Rogers, Pozzato, Nuyens, Verbrugghe et, bien évidemment, sur Boonen.

«Pour lui, réussir une saison identique à la précédente sera difficile, dit-il. Si, au lieu de 24 succès, Tom ne gagne que quatorze courses et finit dix fois deuxième cette année, vous direz qu'il a raté sa saison. Moi, j'échangerais bien dix de ces succès contre une belle classique. Le Tour des Flandres, par exemple. Si je compte bien, cela fait sept ans qu'un de mes coureurs (NdlR: Museeuw en l'occurrence) ne l'a plus gagné!»

© Les Sports 2005