Et France Brel s'est tournée vers Didier Gosuin...

BRUXELLES En concevant son exposition Le droit de rêver, France Brel a voulu combler un vide créé par son père: il y aura enfin, dans ce parcours, une place Sainte-Justine

Et en présentant son projet à la presse, ce mardi matin, elle s'est tournée vers le ministre Gosuin: `Après l'exposition, ne pourrait-on pas donner vraiment ce nom à une place de Bruxelles?´

Car, régulièrement, à la Fondation Brel, on reçoit des visiteurs étrangers qui demandent où se trouve la place Sainte-Justine évoquée par Brel dans la chanson Bruxelles et qui n'a jamais existé dans notre capitale.

Ce n'est d'ailleurs pas la seule erreur de la chanson. Brel y raconte que, place de Brouckère, on voyait l'omnibus avec, sur l'impériale, `le coeur dans les étoile s´, son grand-père et sa grand-mère. C'est faux! Il faut savoir que l'omnibus était, jusqu'à la Première Guerre, un tramway tiré par des chevaux. L'impériale était un étage à ciel ouvert où l'on accédait par un escalier en colimaçon. Or donc, pour des raisons de pudeur, dans un temps très puritain, une femme ne pouvait prendre le risque de monter un escalier en précédant un homme. Donc, jamais de grand-mère sur l'impériale...

Deuxième couplet: ` place Sainte-Catherine, on voyait l'omnibus ´... Faux! Il n'y eut jamais de tramway sur la place Sainte-Catherine qui, à l'époque des omnibus, était encore le bassin final du port de Bruxelles. Pas d'omnibus, mais des péniches!

Troisième couplet: `place Sainte-Justine, on voyait l'omnibus...´ Là, c'est le pire! Il n'y a jamais eu de place Sainte-Justine dans l'histoire de Bruxelles. Et lorsqu'on le faisait remarquer à Jacques Brel, il s'en amusait et répondait: `Il n'y a pas, non plus, de port à Amsterdam...´

© La Dernière Heure 2002