Didier Segers (36 ans)

disputera sa seconde finale

après celle disputée par

l'Antwerp contre... Parme

en Coupe des Coupes

LOMMEL Pour Didier Segers, les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. À 36 ans, l'ancien joueur de l'Antwerp, du Lierse et de Lommel s'apprête à savourer un des moments forts de sa carrière. Le point culminant de celle-ci fut assurément la finale que nous avons disputée avec l'Antwerp contre le Parme de Georges Grün en Coupe des Coupes, se souvient-il. Je n'oublierai jamais cet instant magique sur la pelouse de Wembley. Mais, quoi qu'il arrive, le moment que nous nous apprêtons à vivre dimanche au stade Roi Baudouin vaudra, lui aussi, son pesant d'or. Nous avons remporté le titre de champion en D 2 qui nous permettra de retrouver l'élite la saison prochaine. Mais cette finale contre Westerlo est beaucoup plus excitante que le titre.

L'expérience de Didier Segers devrait être un atout précieux pour les néopromus de la D 1 qui ont tout de même écarté pas moins de quatre formations de l'élite dont le RC Genk en demi-finale. Nous devrons aborder cette rencontre sans pression, déclare Didier Segers. Nous devrons être concentrés sur notre sujet sans être, toutefois, paralysés par l'importance de l'enjeu. C'est ce qui s'était produit avec l'Antwerp en finale de la Coupe des Coupes. Lorsque nous sommes montés sur la pelouse de Wembley, nos genoux tremblaient. Parme était habitué à gérer ce genre de pression. Nous n'étions que de petits bleus en la matière. Lommel ne devra pas commettre les mêmes erreurs. Nous avions abordé notre première demi-finale contre Genk en toute sérénité. Avec un peu plus de chance, nous aurions déjà pu asseoir notre qualification à l'occasion de cette première joute. Nous devrons donc gérer la rencontre et jouer notre jeu sans pression. Anderlecht a vécu la même situation en Champions' League mais les Bruxellois sont rapidement parvenus à résoudre ces problèmes. Si nous souhaitons jouer en Coupe d'Europe la saison prochaine, nous devrons croire en nos chances. À mon âge, cette finale m'offre une dernière opportunité de remporter un trophée. En football tout est possible. J'aimerais tant effectuer un tour d'honneur avec le trophée entre mes mains

Car Didier Segers n'a guère été épargné par la poisse. Ses nombreuses blessures l'ont empêché de réaliser la carrière si prometteuse qui lui tendait les bras. La saison dernière encore, le joueur a d'ailleurs bien cru devoir mettre prématurément un terme à sa carrière A 35 ans, je n'y croyais plus trop car les contre- temps se sont succédé à une cadence soutenue, se souvient-il. Lors des douze derniers mois, j'ai été victime d'une déchirure musculaire. J'ai subi plusieurs opérations afin de soigner un pied cassé, deux côtes brisées et un genou récalcitrant. Et le tout était agrémenté d'une descente en D 2 avec Lommel. J'ai donc sursauté lorsque les Campinois me proposèrent de prolonger mon bail pour une saison supplémentaire. Je n'en croyais pas mes yeux. Maintenant, nous nous retrouvons en finale de la Coupe de Belgique. C'est assez inouï, n'est-ce pas?

Même si la présence des Lommelois à ce stade de la compétition peut déjà s'apparenter à un véritable exploit, une victoire des Campinois permettrait à Didier Segers de savourer une superbe revanche sur un sort qui ne lui a guère souri jusqu'ici Je suis un homme très sensible, poursuit-il. J'ai six opérations derrière moi! La plupart d'entre elles concernaient des blessures musculaires. Durant mes treize années de carrière dans le football professionnel, j'ai passé deux ou trois saisons sans être blessé. Je n'ai donc jamais eu l'occasion d'exprimer tout mon potentiel. C'est sans doute la raison pour laquelle aucune équipe du top ne s'est jamais intéressée à moi. Mais je n'ai pas à me plaindre. À 36 ans, il me reste encore un an de contrat avec Lommel et je vais jouer la finale de la Coupe dimanche